•  LA NUIT DES LOUPS

     

            Nous somme a la veille de la Deuxième guerre mondiale, des bruits de bottes montent de partout. Les « va-ten-guerres » surtout ceux planqués qui savent qu’ils ne la ferons pas , jouent a pourfendre l’Allemand…heu , virtuellement !

          Un bon Français , Raymond Quévenec , est théoriquement hors jeu ,il ne sera pas obligés de repartir pour Berlin la fleur au fusil . Il est dispensé de service armé .

         Dix Novembre 1918 , dernière attaque de la tranchée boche , un obus retardataire , les cons d’artilleurs , explose dans son groupe .Raymond s’écroule son pantalon plein de sang . Heureusement par un un miracle l’infirmerie régimentaire  a été rapprochée de la zone de combat .Et c’est un vrai médecin , plus chirurgien que médecin qui s’occupe de lui . 

        La blessure est nette on vas te sauver mon gars…….lui dit le major avec un bon sourire fraternel ! Puis le sourire tourne a la grimace ……par contre mon pauvre gars tu n’as plus de couilles ……..et depuis ça tourne dans sa tête ….!

       Oui il vas vivre….mais en rentrant dans son village son calvaire commence car on connait vite son malheur et un homme qui n’en n’a plus dans le pantalon n’est plus un homme .

     On murmure sur son passage….il n’en n’a plus …..il n’en n’a plus…..y peut même plus bander……et la nuit il se demande s’il n’aurait pas été mieux qu’il meure ! Les filles le regardent avec un sourire narquois, il ne risque pas de les violer !

     Pendant des jours , pendant des nuits , des années , il va vivre son calvaire , ne plus pouvoir toucher une femme . Il pense mettre fin a ses jours mais sa croyance en Dieu lui interdit ce geste qui le libérerait .

     Pourtant il a ramené une baillonette …il suffirait de la fixer a hauteur de son coeur entre deux pierres d’un vieux mur et en prenant son élan, ça rentre tout seul cette arme là ….il serait vite mort !

     Mais Raymond est un battant , il ne veut pas se suicider  , il a décidé de vivre !

     Et pour lui, vivre c’est se battre , contre la vie , contre les cons , contre ce dédain qui lui fait tant de mal ! Et l’envahissement de nos alliés Polonais par l’Allemagne vas lui donner l’occasion de montrer qu’il en a .

     

    Il veut se battre , il va se battre……

     

    Mais on ne comprend pas son engagement dans les commandos qui veillent a notre frontière  Même le major hésite a le déclarer bon pour la castagne . 

    Un commando sans couille ça fait pas sérieux dans l’armée Française .

     Il suit le long couloir qui le mène au 2eme bureau ou le vieux  Capitaine qui le reçoit doit décider si il est apte au combat .

    - mais enfin Quévénec vous trouver que vous n’avez pas été assez amoché …..et en plus dans les commandos ….

    - mon capitaine on ne tiens pas un fusil avec ses couilles , mes bras sont forts et je suis le meilleur tireur de mon club de tir…..

    - oui je le sais ….déjà en 18 vous aviez triché sur votre âge vous n’aviez que seize ans……et si je compte bien vous en avez trente-sept aujourd’hui…..

     Le brave capitaine le reconduisit au bout de ce couloir crasseux de la caserne Charras …nos casernes sont crasseuses ….celle des gens d’en face très propres ….c’est peut-être pour cela qu’ils ont commencé par la gagner cette putain de guerre.

     En le quittant il lui mit la main sur l’épaule et avec un bon sourire….

    - je vous admire Quévénec , j’aurais aimé avoir un fils comme vous !

     

    GARE DE l’EST…..

     Le train qui vas l’amener a son dépôt est rempli de civils et de militaires et comme ici personne ne connait son handicap , les femmes lui sourient et les jeunes soldats sont fiers de cet « ancien » qui part avec eux .

     Mais bientôt il lui faut quitter son wagon de troisième classe pour un « tortillard » qui crache tout ce qu’il peut sur les hommes habillés en militaires dans les wagons découverts . Bientôt , c’est l’arrivée dans une gare improvisée en pleine forêt ardennaise.

     Juché, sur une caisse a munitions , un homme dans une tenue bizarre, avec des bottes de caoutchouc au pieds , a la place des croquenots habituels de l’armée française  , les harangue . 

     Je suis le Lieutenant Maurois , je ne porte pas mes galons , ici personne ne les porte et tout le monde m’appelle Momo . Mais j’exige une obéissance absolue, seule règle de survie dans cette putain de forêt . Autre règle ,nous portons des bérets noirs , ça se voit moins dans la forêt .

     De plus pas de capotes , ces vêtements inélégants , que Momo a fait couper a la hauteur du genou . 

    Un gus arrive derrière lui , jaillit de nul part !

    - avec ça on va beaucoup plus vite que les fridolins

    - tu sais je suis nouveau j’ai pas encore expérimenté…..

    - t’inquiète pas ça va vite venir ,moi c’est Luc et toi ?

    - Raymond , mais tu peux m’appeler Ray….mais t’en a dans le pantalon mon pote , a ton âge t’engager dans les commandos…..mais pourquoi tu t’es engagé ?  

    - parce que justement , j’en ai plus dans le pantalon….

    - quoi !

    Luc a fait un bon et regarde Ray effaré…..

    - tu déconne ?

    - non Luc blessure en Novembre 18 …….dernière attaque , dernier obus , dernière connerie d’un général borné ?

    - bah mon pauvre vieux….

    - non Luc , je suis vivant ….enfin….pas complètement car la vie sans une femme a aimé ce n’est pas tout a fait la vie…..alors pour moi reste le combat  ….et l’amitié puisque je n’ai plus droit a l’amour .

    - Ray je t’admire …. tu sais ici la vie peut être courte car toutes les nuits nous passons la frontière pour tâter les défenses des boches……et nous « travaillons » par groupe de deux ….je peux demander a Momo que tu sois mon co-équipier …….

    - d’accord Luc

     

     Et dans ce contexte particulier de la « fausse guerre » du début, une grande amitié vas naitre entre celui qui se nomme lui-même l’amoché et Luc qui n’est peut-être pas sans problème non plus .

     Les commandos qui s’infiltrent toutes les nuits dans le territoire allemand comprennent vite que le fou de Berlin a découvert sa frontière pour tout porter sur son invasion de la Pologne . Ils comprennent vite qu’en face d’eux il n’y qu’un minimum de troupe et pas les plus aguerris . Alors Momo fait remonter a l’Etat-major les renseignements et lance ses hommes de plus en plus loin chez les Allemands ….

     Cette nuit encore……

    - Luc attention a droite…..bouge plus …..

    Ray se rapproche doucement et réalise que le petit fil tendu a 10 cm du pied de Luc est un piège la mine doit être là……

    Tous les deux reculent dans leurs traces et se regardent….la faire sauter ? Mais ils en ignore la puissance……alors Ray n’en crois pas ses yeux . Luc a sorti de sa poche un fil souple …il fait avec beaucoup de précaution une boucle autour du fil de la mine……fait signes Ray de reculer avec lui …et ils se couchent derrière un petit tertre . Ray respire très fort ….avec un petit creux a l’estomac …les deux hommes se regardes….

    - vas y ….murmure Ray d’un voix un peu déformée  par l’angoisse du résultat …..Luc d’un coup sec tire sur le fil et se couche dans l’attente de l’explosion….rien …..mais prudent ne se relève pas tout de suite….quelques minutes passent et Ray entend nettement le déclenchement d’un système automatique . Il a compris….

    - Couche toi Luc….mais Luc aussi a compris et ne s’est pas relevé…..

    Les balles de la mitrailleuse automatique passent en miaulant au dessus de leur tête …réglée pour tuer un maximum elle doit tourner sur un trépied……

    Déjà les deux copains scrutent l’ombre des sapins et repèrent vite la lueur des tirs de la bête infernale . Ils comprennent vite que la hauteur du tir est constant….alors en rampant ils se rapprochent ….tout en observant….mais a ce moment ….

    …un claquement sec de la culasse leur indique. que la bête n’est plus approvisionner .

    - t’as entendu  oui mais prudence tout de même…

    - ouais répond Luc ,le gavroche de la bastoche….

     

     Mais pour se décharger de cette anxiété qui les tenaillaient depuis le début de l’action , ils se mettent a rire tous les deux .En approchant ils réalisent que l’arrêt du tir est simplement du a une rupture de la bande d’alimentation ….il reste une bande entière dans la caisse sous le trépied .

     Ils se regardent et une idée folle leur vient a l’esprit « et si on retournais l’arme contre eux…. » Rapidement Luc débranche  le système automatique sur le trépied , tourne la mitrailleuse a l’opposé .

    Ray a compris ,il se précipite et engage une bande . En 18 il était le meilleur tireur a la mitrailleuse de sa section . Il arme la bête …il est près a tirer .

     Des bruits leur indiquent que les teutons montent voir le résultat de leur piège , avec de gros rires car pour peur eux personne ne peux en en avoir réchappé ! 

     Les voila ,presque enfile indienne , se courbant sous les grands sapins . Ray les laissent approcher puis déclenche un tir qui fait tomber les allemands comme sur un jeu de quille…..quand soudain un cri dans la nuit …. »Halte au feu » …il a reconnu la voix de Momo et son doigt quitte la queue de détente de l’arme .

    - vous êtes complètement cinglé , vous avez déclenché un acte de guerre sans ordres supérieurs…….

    - mais Momo c’est eux qui ont commencé….

    - non ce n’était qu’un simple piège ….

    - si je fais un rapport a l’E.M vous êtes bon pour la tôle….mais je ne le ferais pas .

    - Luc explique a Ray comment je punis les conneries…

    - Ray , a tour de rôle , il va nous foutre son poing dans la gueule mais il n’y aura aucune trace de punition !

     

     Et Ray suivit de Luc , descendirent vers le camp en se frottant la mâchoire …….

     

            Mais leur livret sera vierge de toute punition….et puis un coup de poing pour trois mois de prison …ils sont nettement gagnants !

     

     Momo les appela sous sa tente pour leur expliquer leur faute supposée . Et  leur  …..

    « Nous , commandos , savons que les allemands n’ont que de vieilles troupes a nous opposer , la masse des panzers et leurs troupes d’assaut sont en Pologne et que le fou de Berlin a joué au poker pensant que ni les anglais ni les français attaquerons les premiers en raison de l’état d’esprit de leur peuple contre la guerre . Nos E.M pense aussi que la forêt ardennaise nous protège des panzers et que la ligne Maginot fera le reste .

    Alors les ordres sont formels , on bouge pas , alors que nous pouvons prendre a revers leurs troupes engagées en Pologne . Les Polonais appellent au secours mais ni Londres , ni Paris , n’autoriserons la moindre action belliqueuse . Pauvres Polonais ! »

     

     Luc et Ray sont atterré , ainsi tous les risques pris chaque nuit par les hommes a Momo ne servent a rien ! Mais inlassablement ils vont retourner les chercher ces renseignements .

    - Luc si nous n’avons pas le droit de faire feu…….nous nous défendrons au couteau !

    - ouais , comme a la Bastoche…….hurle Luc en riant …..

     

     

     

    LA NUIT DES LOUPS

     

     Les deux hommes se regardent fixement , farouches , la haine de ceux d’en face se lit dans leurs regards. Ils ont tous les deux une bonne raison de ne pas les aimer les frisés .

     

    Luc…Luc Temposky , a encore des parents la-bas en Pologne et ne comprend pas que son pays d’adoption ,la France, ne leur porte pas secours , malgré ses engagements….

     

    Ray …. Raymond Quevenec , lui c’est son infirmité qu’il veut leur faire payer…

     

     Et ces deux hommes vont devenir des fauves , ils vont se battre comme des fauves….ils vont semer la terreur dans une infime partie du territoire allemand mais suffisamment étendue pour que leurs responsables locaux s’en inquiètent…..ils les obligent a étoffer leurs patrouilles !

     Momo a vite compris que rien ne les arrêterai et que le »Halte au feu »n’a aucune prise sur des tueurs a l’arme blanche . Car c’est ce qu’ils sont devenus ….. des tueurs….des tueurs froids et lucides !

     Ce soir ils ont décidé sans en parler a Momo de pénétrer dans le bâtiment ou s’est installé l’Etat Major d’un régiment de panzers , face a la forêt , que les grands généraux Français ont déclarer infranchissable pour des chars .

     Dans la nuit deux ombres progressent assez rapidement dans la forêt, évitant les pièges des voisins . Ils savent ces deux là les moments ou les sentinelles deviennent nerveuses ou ont tendances a avoir les yeux paresseux par un sommeil qu’elles répriment avec peine .

     

    - Luc , gaffe a gauche du premier tank le mec est endormi ……

    - vu……dans deux minutes il dormira pour l’éternité chuchote Luc….

     

    La deuxième sentinelle repérée par Ray , l’oeil de lynx de l’équipe, semble inquiète…..mais s’écroule doucement….Luc est infaillible…..

     

    Ils font vite , s’emparent sans bruit des sacoches du mayor , commandant , le groupe , qui ne pourra plus rêver  qu’il rentre dans Paris a la tête de ses chars ! Saint Pierre l’a déjà renvoyé chez Belzebuth…….

      Mais Ray ,malgré son oeil de lynx n’a pas vu le mince fil d’acier qui relie une des sacoche a une espèce d’alarme….qui hulule dans le camp…..des lumières s’allument…des hurlements partout…..un projecteur commence a fouiller l’espace devant les bâtiments……çà va être l’enfer pour les deux loups……des hommes en arme jaillissent des tentes a coté des chars….ils sont pris au piège ….

     

    INTERMÈDE

     Je ne vous ferais pas un cours magistral , mais simplement rappeler en les vulgarisant les événements de cette époque . 

     Selon les engagements que nous avions pris avec la Pologne , les « alliés » , anglais et français , auraient du intervenir dès le début de son invasion .Mais sous la pression des pacifistes des deux peuples et d’une grande partie de la classe politique . Les dirigeants des deux nations vont discuter pendant qu’Hitler finit d’écraser la Pologne .

     Et pourtant les fameux commandos et espions en tout genre multipliaient les rapports indiquant que les troupes a la frontière franco-allemande étaient dérisoires , le fou de Berlin ayant engagé ses « panzers divisions » et ses troupes d’élite en Pologne .

     A cette époque nous avions le meilleur char du monde , le B1 Bis , et les allemands le craignaient . Un colonel , Charles de Gaulle , les commandait mais les vieilles ganaches du commandement Français lui préféraient l’infanterie , toujours considérée par eux comme la reine des batailles .

     Hitler avait joué un coup de poker en pensant que ni les Français ,ni les Anglais ne bougeraient . 

     Et après ? Ce fut sa  guerre éclair ….et l’invasion de la France !

     La ligne Maginot ,colossales fortifications……contournées !

     Les fameux forts belges censés protéger nos plaines du nord , imprenables de face….les allemands ont utilisé leurs parachutistes et les ont pris en se posant dessus..pas prévus par nos amis belges….et la courageuse petite armée belge ne put rien faire contre le déferlement des panzers…..

     La sois-disant forêt ardennaise infranchissable par les panzers , selon nos grands stratèges…encore une erreur ….qui aurait fait rire Guderian ,le patron des panzers qui la traversèrent cette forêt…..

     En fait nous avions tout faux et c’est dans cette tourmente que je vous emmène avec Luc et Ray……mais n’ayez crainte je n’oublie pas l’amour…..

      

     

     

    LA FURIA FRANÇAISE

     

    Pris au piège …cela semble évident et les allemands le crois !

     

     Le mayor en second considérant qu’ils ne peuvent s’échapper , hurle…

    -ne tirez plus je les veux vivants……

           Erreur tragique monsieur le mayor , les deux lascars en l’entendant sont morts de rire , ils n’en demandaient pas tant , en zigzaguant entre les obstacles , ils laissent tomber derrière eux pleins de petites boules….et un extraordinaire feux d’artifice vas se déplacer au ras du sol …..en touchant le sol les petites boules explosent ….ho la belle rouge …ho la belle bleue et bien d’autres qui aveuglent les soldats ….et puis certaines laissent échapper du gaz lacrymogène……la pagaille s’intensifie les allemands se cognent les uns aux autres….s’engueulent , se tapent même dessus , croyant avoir affaire aux « franczouses » ces deux démons qui continuent a fuir……

     Arrivés en haut de la dernière petite levée de terre il remarque une silhouette sous un sapin…….Momo est là !

     

    - alors bande de couillons vous êtes fiers de vous ?

    - ho oui ….répondent en choeur Ray et Luc

    - donnez moi  votre butin ….au rapport dans ma tente dans une demi heure…..

    - bien momo , répondent encore hilares les deux loups tricolores…..

     

    Une demi-heure après sous la tente a momo….

     

    - vous savez ce que vous avez fauché aux Allemands ?

    - non momo on a pas eu le temps de regarder répondent Luc et Ray….

    - vous m’avez ramené les ordres de l’EM Allemands pour cette panzer …..avec le plan précis pour la traversée de la forêt…..et la destruction des annexes non fortifiées d’une partie de la ligne Maginot …

    - bah alors « la haut » ils vont bien êtres obligés de nous croire les grands généraux  s’exclame Ray….

     

     Momo répond par un haussement d’épaule…..car il n’y crois plus !

    - nos officiers supérieurs locaux ont autre chose a faire , ils préparent la fuite vers le sud au cas ou les allemands passeraient par la Belgique !

     Ils se rappellent le coup de faux des Allemands en1914 qui passant par la belgique devait tourner autour de Paris et venir encercler les armées Françaises massées en Lorraine ……

    - ils ont peur que cette fois ci les Allemand le réussissent ce coup de faux….

     

     Priés par Momo d’aller a l’infirmerie pour leurs petites blessures lors de leur cirque chez les panzers , Ray remarque tout de suite que la nouvelle infirmière est drôlement gironde et que sa blouse a du mal a contenir une poitrine avantageuse……mais comme lui n’a rien a lui offrir ….il ne répond pas a son sourire admiratif ! 

     Luc ne se ferait pas prier mais Line ne vois que Ray…le héros du commando par son âge et ses exploits avec Luc ……Ray dont la main a involontairement caressé sa cuisse …Ray et ses yeux bleus qu’il pose a la dérobée sur ses seins…..Ray qui voudrait encore prendre une femme dans ses bras….l’aimer, la caresser , la pénétrer….enfin agir comme un homme….que face a l’amour il n’est plus !

     Pourtant…….

     

    …. il ne peut s’empêcher de la déshabiller des yeux . Elle n’est plus jeune mais encore belle. Sous sa tenue d’infirmière , un peu étroite pour elle , l’amphore de son corps se dessine a merveille . 

     Elle continue a lui sourire mais lui reste froid …..jusqu’au moment ou il a une réaction irraisonné , lui le solide , le commando sans peur , qui fait toujours face aux aléas de la vie , Ray le terreur des fridolins , se met a pleurer !

      Des larmes coulent lentement sur ses joues , traçant des sillons , dans la poussière forestière……

     Alors elle prend un linge , lui essai ses pleurs et en déposant un baiser sur son  front elle murmure…

    - je sais , Ray , ne pleurez plus….ne pleurez pas …

    - vous savez Ray , une femme peut vous aimer autrement …

         Et tendrement elle ouvre sa blouse , lui fait caresser ses seins….

     

         Alors il se laisse faire en pensant qu’elle extrapole un peu …..….beaucoup ….son rôle d’infirmière….mais ce qu’il ne peux pas savoir c’est le trouble qui a envahit Line …..trouble, qu’elle ne comprend pas vraiment et qu’elle voudrai combattre . Elle ne comprend pas pourquoi , cette épave d’homme la trouble . Pourtant elle sait que jamais il ne pourrait lui donner le plaisir total , ce plaisir intense qui , dit-on ,fait grimper les femmes aux rideaux…….

          Pourtant il la trouble , elle apprécie la douceur de sa main sur ses seins . Depuis le temps qu’il est privé de ce plaisir elle aurait compris qu’il lui malaxe la poitrine , qu’il lui pelote violemment , sans respect pour ses fragiles petits tétons …..mais non il continue a pleurer doucement en la regardant intensément et sa main se fait zéphyr ……

     De longues minutes se sont écoulées, elle s’est même agenouillée pour qu’il puisse mieux la caresser car maintenant il lui caresse le visage , le cou , les épaules…..elle a envie de se dénuder complètement , elle devient folle sous les caresses d’un homme qui dit n’en n’être plus un …..et pourtant jamais elle n’a ressenti un tel trouble , jamais un homme normal ne l’a mise dans un tel état …..elle est a deux doigts de l’orgasme sans être pénétrée ….

     Ils ne peuvent pas se quitter du regard comme accroché l’un a l’autre …

     Des bruits dans le couloir….Line se rhabille rapidement…..le major apparait ….

    - que vous arrive-t-il Line ? …..vous êtes toute rouge …..

    - c’est l’effort, j’ai voulu redresser l’armoire bleu……

    - laissez ça Line , je suis sûr que Raymond pourrais le faire……vous avez terminé de l’examiner , vous avez soigné toutes ses blessures ?

    C’est Ray qui répond…..

    - oui Major, toutes et sans douleur , elle a des mains de fée…

    - mais non Raymond, dit le Major en riant , seulement d’infirmière !

     

     Luc après son examen par Line et quelques  pansements, rejoint Ray pour rentrer au camp .

    - dis moi tu lui a fait du gringue a l’infirmière elle n’a pas cessé de me poser des questions sur toi ?

    - non rien de spécial……

    - bah c’est pas l’impression que j’ai eu ….

     A cet instant la sirène d’un Stuka déchire l’air , annonciatrice de l’horreur ……

     Le deux commandos ont compris et plongent sous le char stationner là , en espérant qu’il ne soit pas la cible du bandit ailé . Mais ce salaud visait autre chose !

     

     

     La grande croix-rouge peinte sur le toit de l’infirmerie ne l’a pas protégé….le pilote n’a pas hésiter a libérer la petite bombe qui file vers sa cible….l’explosion éventre le batiement….des hurlements de douleurs s’élèvent…pendant que le deuxième avion lâche son engin de mort sur les blessés encore valides qui fuient le brasier …..c’est la boucherie , la tragique horreur de la guerre .

     Luc , entendant les avions s’éloigner, sort de sous le tank , Ray aussi , qui subitement , découvrant l’infirmerie en flammhere , hurle …Lineeee …..! Et malgré les efforts de Luc qui essai de l’en empécher , il rentre dans les flammes a la recherche de celle que déjà il aime …..

     Il ne sent pas les brulures des bouts de toiture qui lui tombent sur le corps, protégeant ses yeux , il l’aperçoit enfin , inanimée……sa blouse tachée de sang , le sien ou celui d'un blessé  ...

    s’étale comme un grand coquelicot ! Ray se penche et perçoit son souffle….elle est vivante…..avec Luc , car lui aussi est entré dans les flammes , par amitié , ils l’enveloppent dans un drap et la sorte a temps de l’infirmerie dont le reste de toiture s’effondre derrière eux.

    En l’espace de moins de dix minutes, deux sentiments se sont exprimé avec force , l’amour et l’amitié ! Luc est entré dans les flammes pour ne pas laisser son copain , son frère de combat, seul dans le danger .
    Ils déposent Line sur un lit , dans un batiement annexe, et Luc courre chercher un médecin…par chance le major était a l’exterieur de l’infirmerie… vite il arrive aupres de Line .
    Ray ne peut s’empêcher de pleurer, il comprend que ce corps ensanglanté , c’est celui de son amour car cette femme lui a fait comprendre qu’il avait encore droit a l’amour, ce n’est pas une infirmière qui lui a fait caresser ses seins par pitié . Non , c’est une femme ,qui par un élan subit , comme un coup de foudre, lui a fait comprendre qu’elle l’aimait .Il ne pouvait savoir qu’elle savait tout de lui depuis son arrivée au camp, qu’elle connaissait son dossier par coeur et l’admirait plus que les autres commandos, pour son âge, pour son courage et un certain charme. Il ne pouvait savoir qu’elle attendait tous les matins le retour des commandos .Il ne pouvait savoir que lorsque les larmes ont mouillé ses yeux il y eu en elle comme une explosion transformant son admiration en amour .
    Le major a vite remarquer les larmes dans les yeux de Ray, Luc aussi, tous les deux , comprirent en cet instant qu’ils assistaient a la naissance d’un amour , tragique dans les circonstances du moment . Mais il fallait sauver Line .Les trois hommes s’employèrent avec douceur a la déshabiller , son corps sublime se dévoila sans une seule plaie , le sang sur la blouse n’était pas le sien…..le major , pourtant blasé , laissa échappé « elle est belle »…..
    Une infirmière qui n’était pas dans le brasier vint doucement la laver et la rhabiller, en faisant sortir les deux commandos . Le major rassura Ray . Elle a sans doute été simplement assomée et va reprendre ses esprits . Ray vous viendrez demain matin prendre de ses nouvelles car pour le moment elle est commotionnée et vas reprendre lentement ses esprits. Ray était trop loin pour l’entendre quand des lèvres de Line s’échappa un seul mot …Ray …puis dans un chuchotement …je t’aime !

     

      


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  •  L'HISTOIRE DE LUDOVIC ET NAOMIE
        La belle Noamie , de métissage en métissage a une peau légèrement colorée pour rappeler qu'elle arrive des Iles . Belle , encore jeune , son petit corps se balance élégamment dans les allées de sa petite propriété , celle achetée pour elle par son mari , cadre important d'une grosse société d'import-export .
        Sa beauté et son élégance naturelle n'ont pas échappé au vieux Ludovic dont le petit jardin et sa maisonnette jouxte le propriété de la belle . Ils se voient souvent a la riviere au bout de leurs propriétés . Au début timidement, puis avec assurance , ils jouent avec les mots a double sens que permet notre belle langue Française .
        Bien sûr , une aussi belle plante que Naomie n'a rien a voir avec un vieux tromblon comme Ludo . Mais, ils en sont arrivé a se tutoyer et s'appeler par des diminutifs , Nao et Ludo......
        Aujourd'hui c'est le printemps et le vieux "bledard" qu'est Ludo, s'est mis dans sa tenue saharienne qu'il a porté si longtemps du côté de Tamanrasset ...il a encore fière allure le vieux légionnaire . Elle l'attend comme tous les jours....aujourd'hui elle explose de beauté et son chemisier a du mal a cacher les pointes de ses seins qui semble vouloir le percer .
        Mais aujourd'hui , pas un mot , mais deux regards qui s'accrochent sans vouloir se quitter......leurs respirations s'accélèrent....ils réalisent soudainement qu'a force de jouer verbalement aux jeux d'amour....quelque chose les poussent l'un vers l'autre... et c'est l'amour !
        Un amour impensable avec une telle différence d'âge, impensable aussi car elle est mariée et a toujours été fidèle , mais quelque chose d'irréel la pousse vers lui !
        Il la regarde intensément ....pose sa main sur sa hanche...elle ouvre son corsage presque brutalement....pour lui offrir la vision de ses seins dont les pointes sont gonflées de désir.....
        Et ils vont s'aimer , là , sous les grands saules .....
        Un merle moqueur s'envole en les admirant , lui sait qu'ils vont vivre cet amour interdit par la morale judéo-chrétienne , jusqu'au dernier souffle du vieux  ....
        L'amour sera toujours le plus fort !
    ++


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  •     Il fait chaud aujourd'hui , Germain sue sous son vieux chapeau de paille . Il est un peu le benêt du village , le souffre-douleurs des petits voyous . En cette année 1939 ou certains disent la guerre proche , lui s'en fiche un peu . Il n'est pas mobilisable le Germain . Au Conseil de Révision , il y a deux ans déjà , il n'est pas revenu comme les autres avec la cocarde "Bon pour les filles " . Non , il est revenu seul , a pied , par les chemins creux . Personne ne s'est inquiété de son absence a la soupe du soir . Personne ne s'inquiète plus de ses absences . Sa mère la seule personne qui l'aimait , est morte bien avant ce jours là .
        Germain pendant que les autres rentraient en chantant , lui pleurait un peu en cheminant vers le village . Bon pour les filles , quelle dérision , les autres , oui , mais lui ! Les filles ne voulaient surtout pas lui parler ou être vues en sa compagnie . Le fada les faisaient fuir les filles . A la maison il était le vilain petit canard . Sa belle-mère , son père s'était remarié , sa belle-mère le brutalisait . Pourtant lui il aimait bien Céline ,surtout quand elle se penchait et laissait voir sa plantureuse poitrine . La vue de ces seins le faisait bander . Quand elle s'en apercevait
    , il prenait un paire de claques et le faisait sortir en le traitant de petit salaud .
        Bons pour les filles , coutumes idiotes de cette époque . Le Conseil de Révision se passait au chef-lieu de canton devant un aréopage de civils et de militaire dont bien entendu le médecin-major . Après avoir mesuré , soupesé , les pauvres gars , toujours a poil, ils étaient déclarés "Bon pour le Service Armée" ou "exempté" suprême déshonneur ! Cerise sur le gâteau , on leur demandait dans quelle arme il voulait servir , mais bien entendu on n'en tenait aucun compte .

        Le chemin en pente qui longe les fontis est malaisé a ses pauvres pieds . Les fontis sont des effondrements des vielles mines de plâtre qui courent sous la colline . Certains de ces fontis sont maintenant remplis d'eau et peuplés de poissons dont on ne sait pas comment ils sont arrivés là . Lui sait bien que ce sont les oiseaux qui promènent dans leurs pattes des oeufs de poisson qui éclosent dans ces fontis .
        D'autres fontis sont a venir et imprévisibles , parfois une vache disparaît , happée par la mine et on entend ses meuglements sous terre pendant des heures ,parfois de jours et des nuits . Quand on ne l'entend plus on sait qu'elle est morte . Certains disent qu'elle est dévoré par la bête des fontis .
        Tout en marchand , Germain y pense a la bête des fontis . Il n'a pas peur mais tout de même il se dit que ce dois être douloureux de se faire dévorer tout cru comme un chat dévore un petit surmulot . Il entend souvent un bruit dans les broussailles . Il s'arrête , le bruit aussi , il repart , le bruit le suit a nouveau . Déjà les premières maisons du village , la-bas , au bout du chemin .
        Aujourd'hui le bruit l'a accompagné depuis le haut de Saint-Watz . Habitué aux bruits de la nature , a reconnaître l'arrivé d'un animal , selon l'intensité des craquements de branche , il se dit que la bête ne doit pas être plus grosse qu'un berger allemand . Mais sans doute pas un loup comme les vieilles du village le racontent . C'est vrai que la Camille , qui lui fait voir son cul quand elle vient pisser le long du lavoir , dit a qui veut l'entendre qu'elle a vu le loup . Ce qui fait hurler de rire tous les vieux matous du coin . Il y a bien longtemps qu'elle l'a vu le loup la Camille et même tous les loups du canton .
        Lui , il l'aime bien la Camille , elle lui a permis de peloter ses vieux seins qui en ont retrouver une jeunesse en redressant leurs tétons . Comme une bouffée de jeunesse . Mais elle ne lui a pas permis autre chose . Il aurait bien voulu car cela lui aurait évité de salir son caleçon .

        Tiens plus de bruit d'accompagnement et seulement un bref cri rauque , puis une fuite vers le haut de la colline . Depuis qu'il a parlé de ce bruit dans les broussailles et que d'autres l'ont entendu aussi , la peur de la bête des fontis augmente et aucune femme seule n'ose emprunté ce chemin . Lui s'en fiche et même son esprit malade souhaite presque que la bête se manifeste , au besoin lui saute dessus  . Si son esprit est faible son corps est une montagne de muscle . Il n'a pas peur de grand-chose sauf des  enfants qui le poursuivent  en lui lançant  des cailloux .
        Assis sur une grosse pierre en  bas du chemin il écoute les bruits de la colline et souhaite que la bête revienne . Mais rien ...si un couinement de lapin sans doute le repas du soir d'un renard .
        Lui fait partie de cette nature , il sait traduire chaque bruit , chaque cri , rien ne lui échappe . Sa vue perçante lui fait voir avant les autres l'épervier dans le ciel et l'écureuil dans le grand chêne . Son expérience de coureur des bois ne le trompe jamais sur l'approche d'un animal . Parfois on le voit avec un vieux bonhomme qui vit dans les bois . Ils ne se parlent pas mais ils se comprennent . Quand le vieux vend les produits de son braconnage aux restaurants du coin , c'est lui qui fait le guet , il sait déceler l'approche des gendarmes . Son vieux copain a toujours échappé aux garde-chasses et a la gendarmerie .
        Mais aujourd'hui c'est la bête qui occupe son esprit , cette chose inconnue qui fait peur a tout le village . Même les fiers-a-bras , les nemrods de pacotille et les tartarins en puissance , n'osent se rendre sur la colline . Ils en parlent , ils en reparlent , mais ils ne bougent pas . Chez le père Mathurin, le plus vieux bistrotier du bourg , les conversations vont bon train et chacun ajoute son grain de sel a cette cacophonie d'après vêpres . Les vielles sont a l'église , les vieux au café . Le curé a même dit qu'il fallait prier pour être débarrassé de la bête . D'après Mathurin ,
    il parait qu'en 70 il y avait encore des loups dans la colline et que les prussiens , autres sales bêtes se faisaient attaquer . La bête serait une descendante de ces loups là ? Pourquoi pas , mais le Germain n'y croyait pas .
        En effet il avait remarqué , selon son expérience que la bête "coulait" dans les broussailles et ne marchait pas comme un loup .
        Alors c'est quoi ?

        C'est lui le premier qui émis l'idée que ce pouvait être un fauve échappé d'un  zoo ou d'un cirque ambulant . Un fauve ? Il fallait bien avoir l'esprit dérangé pour dire cela !
        Et s'il avait raison.......et la déraison s'empara du village . On tira sur la silhouette d'un chat qui suivait le haut de la muraille du presbytère . Même que la bonne du curé , la Gertrude , se mis a hurler " Au secours " car les chevrotines venaient de se fracasser sur ses volets . Faut dire que le chat avait su les éviter les chevrotines sorties de la cartouche du père Martin . Mais le lendemain , chez le Mathurin , il raconta qu'il avait tiré sur la bête et que seul la lune dans la ligne de mire lui avait fait rater sa cible . Mais pas la Gertrude , hurlèrent de rire tous les vieux machins rassemblés . Mathurin riait tellement qu'il en cracha son dentier dans le verre d'un client .
        Et s'il avait vraiment vu la bête sur le mur du curé  ?

        Pensif ,Germain , remonte du village vers la colline , la bête l'attire . Il remonte le chemin jusqu'à SaintWatz , rien , pas un bruit dans la broussaille sauf un coq faisan qui lance son cri de trompette en se sauvant . Il monte plus haut pour aller voir le meunier ou plus exactement sa fille qui est comme lui , un peu faible d'esprit . Parfois ils passent des heures tous les deux, l'un a coté de l'autre, sans parler vraiment . Et la nature , qui a du se faire des reproches pour leurs esprits faibles , les a fait beaux physiquement  . La Michelle qui vient de fêter ses quinze ans est belle comme un coeur . Grande déjà pour son âge , élancée , avec une allure de princesse tzigane , elle fait ce qu'elle veut du Germain . Souvent il la porte dans ses bras pour l'amener a la Pierre-couchée , sans doute un mégalithe , posé là par un géant .
        Le meunier a toute confiance en lui , il est heureux de les voir rire . La Michelle depuis qu'un fils du fermier de la  ferme d'en haut a voulu la violer , fuit les hommes . Seuls son père et Germain peuvent l'embrasser , l'approcher et la consoler de la bêtise humaine . Quand on a retrouver le coupable a moitié nu , a moitié mort de froid dans le lavoir , la quéquette dans le goudron , on a tout de suite pensé à Germain . A la gendarmerie , on a conseillé a monsieur le maire adjoint , le fermier d'en haut ,de ne pas porter plainte . Nos braves pandores aime bien ce bon gars qui vient souvent leur apporter un gibier .....gratuitement !
    Le brigadier chef a bien hésité a accepter , la loi c'est la loi . Mais les pâtés de lapin ou de lièvre sont tellement bons .
    Et puis on a fait comprendre au fermier que la gendarmerie pourrait manquer de souplesse pour le contrôle des papiers des ouvriers étrangers qu'il emploie chaque année pour biner les betteraves .
       
        Michelle sur ses genoux , Germain est heureux , il en oublie même la bête. La gamine ayant découvert qu'il avait du poil sur la poitrine a ouvert sa chemise et posé sa tête sur cette toison si douce . Elle sent ce corps d'homme . elle a comme un petit tremblement , une sorte de frisson . Il ne respire presque plus . Il n'ose pas ouvrir son corsage pour caresser sa juvénile poitrine déjà presque comme celle d'une femme . Il est comme tétaniser par ce sentiment qui sourd en lui ,ce sentiment qui lui fait peur . il a peur de l'aimer , non plus comme une soeur mais comme une femme . Ces esprits "dérangés" sont en ce moment bien lucides . Ils découvrent tous les deux qu'ils sont bien ensemble , que tout leur semble beau , lumineux , et le soleil qui descend la bas sur l'horizon leur offre ses plus belles couleurs .
        Ils n'ont pas tout a fait compris que c'est simplement l'amour , l'amour dans toute sa pureté , l'amour naturel, imparable , qui les lie l'un a l'autre . Ils sont silencieux , ils n'osent pas bouger , il n'ose pas détruire cet instant merveilleux . Ils veulent inconsciemment préserver la pureté de leur amour naissant .

        Doucement elle referme la chemise de Germain , avec tendresse il embrasse ses cheveux , l'amour physique sera pour une autre fois . Doucement , a petits pas ils reviennent vers le moulin , quand un horrible cri , un cri de détresse , un cri d'intense douleur , déchire l'air du soir , venant du chemin vers le village ......
       
        ......la bête des fontis !

        Germain , tu ne descendra pas au village ce soir , lui ordonne le meunier . Tu coucheras dans la sous-pente , au dessus de la pierre a grain . C'est impératif et Germain qui adore le Meunier ne pense pas un seul instant a le contrarier .  Cette sous-pente a souvent été son refuge quand les gamins le poursuivait en lui lançant des pierres .

        Le repas du soir se passe a réfléchir sur ce que peut bien être cette bête qui répand la peur , la panique dans le village . Comme Germain , le meunier n'a pas peur de la bête mais il craint pour sa fille . Tans pis pour les commentaires désobligeants qui ne manquerons pas , il demande a Germain , dont la famille se fiche pas mal , de transporter ses pénates dans le moulin . Michelle rougit , ce qui fait rire le meunier car il a compris que ces deux là s'aiment . Dans un autre milieu ce serait un scandale , un fille si jeune . Mais au moulin flotte un esprit de liberté .
    "Camerone" comme on l'appelle au village depuis qu'on sait que le meunier est un ancien légionnaire , "Camerone" ne s'embarrasse pas des interdits des bourgeois , biens pensants et faux jetons . Sa fille est belle , Germain est beau , il les admirent depuis longtemps . Et , en fait , lui sait qu'ils n'ont pas l'esprit aussi dérangé qu'on a bien voulu le dire .
        Sur la porte principale de la tour du moulin s'inscrit en lettres noires " La liberté ou la mort " . Cette inscription a remplacée le vieux crucifix placé a cet endroit par l'ancien meunier .
        Camerone après douze ans de légion dans les sables du Sahara , après Saint Cyr et douze ans de galère entre Sidi Bel Abbes et la piste , Camerone avait hérité de la fortune de son père . Monsieur le Comte de la Roche Trévise du Plan d'Orgon .....ouf ! Après avoir épongé toutes les dettes du vieux il ne restait plus grand chose de la vente du château a un riche américain , amoureux des vieilles pierres .
        Cela lui avait tout de même permis de racheter ce vieux moulin ou il produit de la farine a l'ancienne qu'il vend aux boulangers qui font toujours du bon pain .....comme au temps jadis . Il n'y en a plus beaucoup mais assez pour lui permettre de vivoter. Il raconte partout qu'un jour on découvrira que cette farine bien blanche , trop blanche , qui sort des minoteries , est nuisible a la santé . Bien sûr , tous les "scientifiques " du coin lui rient au nez . Mais tout de même on n'oublie pas qu'il est "Comte" , très instruit et capitaine de réserve de l'Armée Française , avec une brochette de décorations qui imposent le respect .

        Dans l'ancien dépôt de grains qui jouxte la tour ; Camerone a fait élever une superbe cheminée et transformé la pièce en un salon confortable . Ce soir un beau feu de bois crépite dans la cheminée et Michelle se blottie dans les bras de Germain sous le regard attendri du meunier . Il les aime ces deux gosses qui en réalité ne sont de sa descendance , ni l'un ni l'autre  .
        Il se souviens .......et raconte.......Sidi Bel Abbes  ........s'ennuie


        Le ciel toujours d'un bleu profond semble peser sur la caserne de la légion , le lieutenant de la Roche est officier de semaine et s'ennuie comme un rat mort après trois semaine de piste . Il aime la piste , le désert , cet espace sans fin ou il se sent libre . Il n'est pas un militaire comme les autres ou alors seulement en apparence . En fait il cache farouchement son refus de cette société qui lui semble pourrie ......
    - mon lieutenant une dame vous demande au poste de garde .
    Il s'y rend nonchalamment et traverse la cour ou rien ne bouge sous le soleil de plomb , c'est l'heure de la sieste obligatoire , même pour un légionnaire . Il ouvre la porte du poste et   s'immobilise tant la femme qui l'attend est belle . Bien vite il la reconnait . C'est l'épouse d'un légionnaire , un sergent-major en mission a l'étranger depuis  huit mois et qui doit rejoindre la base ces jours-ci .
    -Lieutenant je sais que vous ètes un homme d'honneur j'ai besoin de vous parler en privé .
    Dans le petit bureau du chef de poste , il la fait assoir .....
    -Maria pourquoi me relancer a la Caserne , tu sais bien que je ne me marierai jamais avec la femme d'un légionnaire .
    -mais ce n'ai pas pour cela , j'ai accouché d'une petite fille .....
    -impossible qu'elle soit de moi et encore moi de ton mari depuis sa blessure !
    -non bien sûr mais de ton colonel ......
    -et bien Maria , si la colonelle savait cela elle t'arracherait les yeux , et je peux- faire quoi ?
    -l'adopter et ne rien dire de sa naissance . Bien évidenment en attendant la fin de ton engagement nous la ferons élever par la gitane qui vient de perdre son enfant et qui lui servira de nourrice .
    -rien que cela.......

        Et je suis rentré en France avec elle selon ma promesse . L'adoption avait été facile .
        Ma petite chérie tu avais quatre ans quand j'ai racheté ce vieux moulin . Ton père , mis au courant venait te voir bien souvent . C'est le monsieur aux cheveux blancs qui t'offrait ces jouets magnifiques a Noêl . Il est mort il y a six mois . Je n'ai plus jamais eu de nouvelle de ta mère .
       
        Germain se lève ..... et bien tu parle d'une histoire , tu vois Michelle nous sommes des orphelins tous les deux !
        Michelle ne pleurait pas mais embrassait tendrement ce meunier au grand coeur . Germain les entoura tous les deux de ses bras puissants et ajouta sa larme a celles du père adoptif et de sa fille . Des larmes , oui mais de joie , du bonheur d'ètre ensemble et pourquoi pas de pressentir un avenir commun . Mais en cette fin d'année peut-on encore parler d'avenir dans cette France qui subissait le début de la drôle de guerre .
        Au village , les gens en parlait , deux peurs vivaient ensemble dans leur vie de tous les jours . Peur de la bête et peur de la guerre .
        Ce soir dans la chaude ambiance devant la cheminée , c'est surtout l'amour qui habitait les esprits . L'amour de deux êtres simples mais pas si simplets qu'on voulait bien le dire . L'amour d'un père pour sa fille adoptive qui lui rendait bien . Mais aussi l'amour de la France chez le vieux légionnaire .
        Après avoir recouvert de cendres les restes de la dernière bûche ils montèrent se coucher . Demain matin il suffira de découvrir les cendres et la premier bûche de la journée crépitera bientôt .
        
        Le lendemain matin , 3 Septembre 1939 , ils apprennent la déclaration de guerre a l'Allemagne , suite logique des engagement de la France envers la Pologne qui depuis 3 jours est envahie par les allemands .

        La bête des fontis est oubliée.....temporairement .... par les villageois mais le meunier ne veut pas que Germain retourne au village . Michelle nage dans la joie , elle virevolte dans le moulin en préparant les repas de ses deux amours , son père et Germain . Le vieux braco vient souvent se reposer chez le meunier et lui laisse un bon gibier pour le remercier . Echange entre gens simples car le comte et néanmoins capitaine se conduit comme un simple roturier .
        Ils ne s'appellent pas par leur nom , c'est simplement "Braco" et "Meunier" . De toute façon personne ne sait le nom du braconnier, qu'il n'a jamais dévoilé . Certains disent qu'il a été un monsieur important , un notable même , quelques part en Alsace , pourtant presque la porte a coté . Toutefois ceux qui racontent n'en savent guère plus . Personnage énigmatique , pas bavard , sachant parfois donner des conseils qui laissent bien supposer de grandes connaissances . Il n'a que deux amis , Germain et le meunier . Bizarrement il a tendance a fuir la présence de Michèle.......comme il fuit les femmes du village en général . A-t-il une douleur cacher ou un acte répréhensible ? Personne ne sait mais les mégères du bourg échafaudent des histoires dramatiques .." Ma brave dame il a peut-être violé une jeune fille ou tué sa femme"  , les deux hypothèses circulent aux alentours du lavoir . Partant de là , on ne recherche pas sa compagnie , ce qui semble bien l'arranger .
        Mais leur grande inquiétude c'est " Ou peut bien habiter ce  bonhomme " . Braco n'a jamais livré le moindre indice sur son habitat . Beaucoup ont essayé de le suivre mais il a su avec subtilité les perdre  dans une dédale de combes et de talwegs sauvages . Il les avait tellement fait tourner dans toutes les directions que certains ont mis trois jours a retrouver le village . Il porte une barbe courte qui demande de l'entretien qui ne peut se faire au milieu d'un bosquet . Alors ou ? OUI , ou ?
        Les gendarmes sont évasifs , il a sur lui une vieille carte d'identité , mais ils n'ont pas révélé son nom par semble-t-il une sorte de considération respectueuse . Ils ne diront rien mais ils savent . Même , monsieur le Maire n'a pas pu leur faire "cracher" le morceau . Le mystère autour de cet homme des bois épaissit de jour  en jour . Cela énerve les baveuses  de lavoir et les "je sais tout " qui dépriment chez le père Mathurin devant leur verre d'absinthe .
        Dangereusement pour lui , depuis la floraison d'affiches proclamant  " Taisez vous ,l'ennemi vous écoute " le bruit court qu'il pourrait-être de la cinquième colonne . Ceux qui en parle , sont pas plus instruits que les autres de ce qu'est cette fameuse cinquième colonne . Ce serait , dit-on , des allemands qui se seraient introduits en France depuis longtemps pour observer , au besoin saboter et de toute façon renseigner une troupe germanique dans son avance sur notre territoire . Pourtant personne n'envisage qu'ils pourraient nous envahir et qu'en réalité , vu la puissance de l'Armé Française nous allons aller pendre notre linge sur la ligne Siegfrid . Un orchestre connu , Jacques Hélian et ses collégiens , le chante même !
        Mais l'attitude respectueuse de l'adjudant de gendarmerie envers Braco intrigue ceux qui ont pu l'observer . D'autres disent qu'ils l'ont rencontré dans la ville proche , bien habillé et n'ayant plus l'air d'un vieux ......
        Au village on n'a pas le moral dans les chaussettes , on est prêt a pourfendre les casques a pointe ....... mais pas la bête des fontis !

        Alors les tartarins baissent la tête quand les femmes leur demandent , c'est pour quand  cette grande battue dans la colline ..... ?

        Au moulin la vie continue . Germain et Braco sont tout de même allé  voir si , au cri horrible entendu , correspondent des traces sanglantes . Effectivement a deux cents mètres du moulin , il y a une mare de sang séché ,bu en partie par la terre et des traces de combat entre ,selon Braco, un animal a griffe et un animal a sabot . Voila qui confirme l'hypothèse de Germain , un fauve échappé d'un cirque .
    Quand on connaît son ennemi il est déjà moitié tué déclare Braco . Toute peur disparaît chez Germain . Ce n'est donc pas un animal mystérieux mais un fauve qu'il saura combattre le moment venu . Braco pense qu'ils n'ont pas a craindre la bête tant qu'il y aura suffisamment de gros gibier dans la colline .
        Penché sur les traces , il soliloque ...... c'est pas un tigre ......c'est pas non plus un guépard ....... c'est certainement pas un lion  ......une panthère  ?  Germain c'est un panthère assure-t-il a son compagnon .
        En remontant vers le moulin , ils entendent distinctement une sorte de cri rauque et Braco confirme - C'est une panthère - en tapant sur l'épaule de Germain .
    Michelle les attend avec anxiété et  l'annonce d'une panthère si proche du moulin lui fait peur . Braco a beau lui expliquer qu'elle ne craint rien et que la bête des Fontis n'a jamais croqué un homme ,  elle se niche dans les bras de Germain et lui dit - tu la tueras , hein Germain , tu la tueras ! Il lui dit oui pour la rassurer mais dans son esprit un peu dérangé il y a comme de l'admiration pour la bête des Fontis . Cette bête sans doute superbe , qui a retrouvé la liberté , a-t-il le droit , lui épris de liberté , de lui ôter la vie . Elle ne fait rien de mal ,que de survivre en mangeant quelques animaux . Elle n'a jamais attaqué aucun humain , elle n'a jamais essayé  de s'introduire dans une bergerie dans le village . Elle chasse pour elle , c'est tout .
        Braco pense comme lui et le dit sous le regard noir , plein de colère , de Michelle . Mâle ou femelle , la bête recherche la compagnie de l'homme , continu-t-il car comment expliquer son comportement vis a vis de Germain . Elle le suit mais ne l'attaque pas . Alors ?
        Et Germain va avoir un comportement stupéfiant , au lieu de rassurer dans le village , il raconte des choses tellement horribles sur la bête que la peur va s'amplifier chez les tartarins qui n'osent plus parler d'aller la tuer . Par contre il arrive a faire comprendre qu'elle n'est pas dangereuse , sauf pour le gibier , si on ne pénètre pas son domaine . Mais la nuit les femmes se serrent contre leur mari quand elles entendent parfois les cris rauques de la bête .
    Mais d'où lui viennent ses connaissance sur les fauves a Braco , se demandent les occupants du moulin . Il élude en riant puis lache qu'il a été un grand chasseur de fauve a une époque de sa vie . Puis se rétracte en précisant qu'il est curieux de tout   et qu'il a lu beaucoup sur les fauves . Il se rend compte subitement de l'imprudence de sa première explication qui pourrait-être un debut de piste sur sa vie anterieure ?
        Devant sa gène ( il a même bafouillé ) les autres occupants du moulin n'insistent pas . Dans le fond que leur importe la vie anterieure de Braco . Il a fuit quelques chose , un drame , une femme . Pas un instant ils ne peuvent penser que leur ami a commis une acte répréhensible .
       
        La vie continue .....mais les nouvelles du front sont mauvaises . Après quelques escarmouches victorieuses , des coup de commandos comme on commence a dire , des coups de commandos jusqu'a sur le territoire des teutons .Mais Hitler a ramener ses troupes qui ont fini d'envahir la pologne et les masse devant nos lignes .
        Braco , qui a des connaissances historiques , précise - ils vont faire comme en 14 , enfin pas tout a fait car il serait étrange qu'il recommence la même erreur !
    Cette fois-ci , il passerons encore par la Belgique .......qui ne pourra résister plus qu'en 14 , mais ils ne se rabattrons pas vers la Marne .
    - et , dit le meunier , bêtement , pour ne pas froisser les belges nous n'avons pas continué la ligne Maginot jusqu'à la mer . Pourtant les Belges vont résister , héroïquement souvent , mais leurs fameux forts seront anéantis par une manoeuvre moderne et impensables aux grands stratèges Français ou  Belges .
        Michelle qui ne comprend rien a leurs certitudes , ne pense pas a la menace allemande mais voudrait toujours que Germain aille tuer la bête . Elle n'en démord pas et quand elle l'entend parfois le soir elle court se réfugier dans les bras de Germain . Hier encore , elle est rentré affolée dans le moulin - j'ai vu la bête en haut du chemin , elle est toute noire !
        Braco a donc vu juste , c'est une panthère noire .
        Michele précise que la bête s'est sauvée quand elle l'a vu . Elle comprend que la bête n'a pas envie de l'attaquer mais elle insiste , Germain doit la tuer . Les amis se demandent si elle n'est pas un peu jalouse de leurs descriptions  admiratives d'une panthère noire . Femelle contre femelle , de drôles de pensées se bousculent dans la tête ,tout de même  un peu fragile , de Michelle . Elle sent que Germain est hypnotisé par les récits de Braco sur ce genre d'animal . Elle pense qu'elle doit avancer le moment de se donner a " son " homme pour lui faire oublier la belle noire . Sa décision est prise , elle va le violer !    Souvent quand elle descendait au village , elle a entendu les lavandière raconter leurs exploits amoureux . Alors elle va agir .

        Ce soir c'est la pleine lune .

        Une ombre se faufile au dernier étage du moulin , longe le silo a grains , monte l'échelle qui mène sous la charpente vers la soupente de Germain . Elle en ouvre  doucement la porte en ayant soin de ne pas faire grincer les ferrures . Germain , comme a son habitude , dort nu mais profondément , du sommeil du juste ou du simplet . Michelle se glisse prés de lui ,elle tremble , pas de peur mais de cette découverte qu'elle va faire . Du plaisir qu'elle devine quand son ventre se tend comme un arc . Elle se fait ondulation , elle se fait reptation , elle s'insinue sur sa poitrine velue qu'elle aime caressée , elle l'enjambe et sent que tout en dormant  le mâle se révèle et se détend . Il croit rêver mais elle est sur lui bien vivante . elle se laisse pénétrer par son rêve a lui , pour sa jouissance a elle . Elle avait peur d'avoir mal mais au contraire elle sent comme une chaleur , une douce brûlure , qui la rend femme . Elle devient sa femme sans brutalité . Mais c'est elle qui le domine et quand il se réveille , quand il comprend que ce n'est pas un rêve , il ne peut plus se séparer d'elle . Elle l'enveloppe de son amour , de sa chair , elle l'empêche de se retirer , elle veut tout , il lui donne tout ,sa force et son amour ........
        Au petit matin quand le coq chante , ils sont toujours enlacés !

        Quand le meunier veut , comme tous les jours ,porter le café a sa fille , il découvre que le lit est vide et que Germain n'est pas descendu , lui le lève-tôt . La porte du grenier est encore ouverte , elle a oublié en montant .
        Il sourit , il a compris , il essuie un petite larme .....
        Braco faudra que tu m'aide a mettre un grand lit dans la chambre de Michelle . Braco n'est pas étonné car il dort dans un autre coin de la soupente . Les deux vieux se regarde et pleurent de joie comme deux vieux cons diront-ils plus tard .
        C'est une Michelle rayonnante qui retrouve le meunier dans la cuisine et un Germain , un peu gêné , qui s'assoit sans mot dire a la grande table en bois ,usée par le temps . Il esquisse un petit sourire devant son bol de café fumant que Michelle dépose devant lui . Le meunier s'assoit a coté de lui , lui entoure les épaules avec son bras et lui dit - embrasse moi mon fils , ne soit pas gêné , Michelle m'a raconté , il fallait bien que cela arrive un jour , regarde là comme elle est heureuse .
        Et le meunier continue :
    - Pour Michelle son handicap , son esprit un peu dérangé parfois n'est pas une tare mais la suite d'un accident a sa naissance et pour toi le Docteur Natien m'a précisé qu'il s'agissait aussi d'un problème a la naissance . Donc tu vois , tu n'as rien a craindre , si vous avez des enfants un jour ils serons normaux .
    - tu as raison Meunier , mais celle est un peu jeune , que va-t-on dire dans le village , que je l'ai violée ........
    - t'inquiète pas Germain , il n'y a que Braco et moi qui avons compris ce qui s'est passé cette nuit . Et puis ce n'est pas un crime de s'aimer ! Laisse bavasser les rombières , comme on les appelle a la légion .
    Et les deux bras de Michelle autour de son cou , ses seins qu'elle appuie dans un geste plein de douceur , sur son visage , achèvent de le rendre heureux .

        Le meunier sort et rejoint Braco , qui regarde vers le ville de petites explosions le long de la grande route nationale . De grands oiseaux noirs a croix gammée sous les ailes plongent sur le village ou une section de mitrailleuses stationne avant de monter vers le front . Les stukas font un bruit d'enfer avec leur sirène prévue pour effrayer . Les trois appareils attaquent a tour de rôle  et viennent ressourcer au dessus de la butte du moulin . Quand ils tournent ils sont a la limite du décrochage et cela n'échappe pas a Braco qui saisit le fusil du meunier chargé a balles . Bien appuyé sur un petit mur , il vise le dernier avion et tire ....... la balle blindée , faite pour tirer l'éléphant , touche le pilote . L'appareil  glisse sur l'aile et explose sur la pente ! Un deuxième avion ayant été touché par  les mitrailleurs , le troisième fuit .
        Les gens du village , hébétés sortent de leurs caves , qui , comme dans toute la région , sont profondes et procurent un abri non négligeable . Les mitrailleurs  ayant reçu l'ordre de faire mouvement quittent l'endroit . Trois bombes sont tombés sur le village . Une a pulvérisé le presbytère mais Gertrude et son curé était dans la cave . La deuxième est tombé au milieu d'une fosse a purin , je vous dis pas le ravalement odorant de la maison du fermier . La troisième a fait un trou dans le bistro du Mathurin sans exploser. C'est pas aujourd'hui que les buveurs d'absinthe iront boire leur apéritif préféré . Monsieur le Maire a bien précisé de ne pas y toucher , il faut attendre le démineur de l'armée . Mathurin sera hébergé a la mairie avec les réfugiés alsaciens .

        Les gens du moulin ne sont pas descendu a la cave . La magnifique cave moyenâgeuse qui comporte trois niveau et trois sorties dont une par le puit . Non ils sont restés derrière un petit mur d'où on aperçoit le village . Le meunier craint que le dernier stuka soit parti appeler d'autres salopards a la rescousse  . Il n'a pas tort , cinq points noirs s'alignent sur l'horizon , tournent la butte du moulin pour attaquer , soleil dans le dos , le village . Aucun chasseur ne protège les cinq stukas et au moment ou le premier s'élève un peu pour lâcher sa bombe ,une rafale le coupe en deux . Les autres sont désemparés , cherchent a fuir la paire de Morane qu'ils n'avaient pas vu arrivé , tout a leur vengeance sur le village . Le stuka touché ne peut éviter les ruines du presbytère . Il s'explose en plein dedans ...... décidément aujourd'hui le bon dieu n'a pas de chance  !
        Les deux Morane , deux superbes avions de chasse , font un carnage dans les oiseaux de proie a la croix gammée . Plus rapide , plus maniable , les deux chasseurs français sans doute aux mains de pilotes expérimentés descendent en l'espace de quelques minute trois autres assaillants . Le cinquième a eu le temps de fuir en rase-motte derrière la forêt proche .
        Braco dit ne pas comprendre que les allemands aient envoyé ces petits bombardiers légers sans la protection de véritables chasseurs . Meunier le regarde avec un petit sourire - dit dont toi , tu connais rudement bien la stratégie aérienne !
    Braco ne répond pas et on le sent gêné . Toute réponse ferait découvrir une partie de son mystérieux passé ? Peut-être ! Personne n'insiste et Braco s'enferme dans son mutisme habituel .
        Les avions amis tournent autour de la butte et battent des ailes comme pour s'applaudir et repassent plus lentement comme a la parade devant le fameux mur ou les habitants du moulin leur font de grandes signes d'allégresse . Malgré leur vitesse , les gens du moulin ont le temps de voir le signe de la main des pilotes et leurs sourires . Puis ils reprennent de la hauteur et aile dans aile s'en vont vers l'horizon , vers un autre combat !

        La guerre ne sera bientôt plus la drôle de guerre comme on l'appelle parfois dans les journaux . Braco et meunier sont d'accord pour dire qu'elle ne sera pas forcément courte et joyeuse . L'invincible armée française commence a donner des signe de faiblesse .

        Des colonnes de réfugiés passent maintenant dans le village . Charrettes a bras , tombereaux de ferme , vieilles guimbardes datant de la guerre de 14  , bicyclettes rouillées et même des brouettes , passent avec des femmes , surtout des femmes avec leurs enfants et des vieux qui n'en peuvent plus . C'est sûr certains n'irons pas au bout du chemin , ils vont mourir au coin d'une route , dans un fossé , au porche d'une église . Les gens du village commencent eux aussi a faire leurs bagages ; Ils vont aller grossir les processions de ceux venant du nord ou de l'est . Ceux qui ont une voiture sont déjà partis .....pour ou ?
        Comme l'avait prévu Braco , la Belgique , ventre mou de l'opposition a l'avance allemande n'a pas tenu , les fameux forts belges n'ont pas résisté aux parachutiste allemand et leurs planeurs qui se sont posé sur les forts même . Tous au moulin écoutent la radio qui ment pour ne pas affoler plus la population . Mais les deux vieux a l'annonce de la zone des combats ont compris que la ligne Maginot , même si les ouvrages ont tenus , a été tournée par l'armée allemande . Ses  panzers déferlent sur la France .
    - il faut partir s'écrie Michelle !
    - non dit le meunier , non répète Braco .......
    - non Michèle dit Germain , au besoin nous irons dans la forêt le temps que les combats cessent , nous irons dans une grotte .......
    - nous n'en sommes pas encore là dit le meunier . Les allemands sont pas fous , leurs chars ne vont pas s'enfoncer dans les collines . Leur but c'est de piéger notre armée rapidement en créant des poches ou elle n'aura plus qu'a se rendre .
    - oui , c'est ça , l'armée française ne fera pas camerone , hein meunier !
    - non , un sous-off qui est passé  dans le village hier a raconté que des officiers fuyaient avec les véhicules automobiles , laissant leurs hommes sans commandement , pour ne pas êtres fait prisonnier ........
    - les lâches s'exclame Michelle ......
    - et tu voudrais faire la même chose lui dit Germain , fuir comme des lapins !

        La cause est entendu . Ils resterons .

        De la butte du moulin , après quelques  combats sporadiques , le fait de quelques groupes de soldats courageux , même sans chef , ils observent maintenant les " verts de gris" , les boches , les frisés , les teutons , faire main basse sur la France .
        A la radio , la gloire nationale , le défenseur de Verdun en 1916 , signe l'armistice .....et dit faire don de sa personne a la France . Meunier et Braco sont septiques , il y a comme une sorte de malaise , il ne comprennent pas que le vieux combattant baisse le froc si facilement . Ce sont les termes exacts de la réflexion de Braco " il baisse le froc " . C'est trivial mais le capitaine légionnaire a la même réaction . Quand a Germain qui ne se souvient plus qu'il a été écarté du service militaire , il ne comprend pas qu'on puisse demander l'armistice sans avoir épuisé toutes les possibilités de combattre .
        Michelle écoute ses hommes et son coeur , son coeur qui voulait fuir , bat plus fort dans sa poitrine . Son cerveau un peu fragile tout de même , n'avait pas besoin de ces événements , elle s'affole un peu puis brutalement reprend confiance en écoutant Germain . Mais la femme , la future mère peut-être , inconsciemment sait qu'elle n'a rien a attendre de bon de cette guerre . La bête des fontis lui semble bien moins dangereuse maintenant que le monstre teutonique . Elle pense tout de même , contrairement a ses hommes que le vieux Pétain a raison  d'arrêter la guerre .
        Observant la ville a la jumelle de marine de Braco , ils s'aperçoivent qu'un grand drapeau a croix gammée , flotte sur l'hôtel de ville .
        Bizarrement les allemands ne se sont pas intéressé a la butte du moulin , ils ne sont même pas monté voir . Le maire resté au village leur a dit que le moulin ne marchait pratiquement plus et qu'il était habité par une vieux et deux simples d'esprit . Le major allemand avait répondu - pas goutte , pas vouloir fréquenter les fous ......bafouillé en mauvais français .
        Et le Maire a parlé de la bête des Fontis . Cela a bien fait rire le major qui ne croit pas a une bête mystérieuse puis a fait un bond en entendant par trois fois le cri rauque de la bête . Mais il ne rie plus du tout car son berger allemand est rentré blessé d'une promenade dans la colline et les cris rauques de la bête des Fontis sont ceux d'une bête sur d'elle et de sa force .
        Au moulin maintenant inconsciemment on craint pour la bête . Même Michelle prend pour la bête . Ces teutons n'ont  qu'a la laisser tranquille . Le maire explique a l'officier qu'elle n'a jamais attaquer personne , ni pénétré dans le village . Mais elle refuse toute intrusion dans son domaine des fontis ........ et puis vous savez Herr Major , les Fontis sont très dangereux ! Il lui explique les vaches qui disparaissent dans des entonnoirs , ces éboulis de la vieille mine . Le major Von Berenstoff n'est pas un imbécile , il a compris le danger et désormais son chien n'ira plus taquiner le Bête des Fontis . Première victoire Française locale dit Germain , la panthère française a vaincu le chien allemand . Ce qui , tout de même , fait bien rire Michelle .

        Mais la curiosité l'emporte , le major veut voir ce vieux moulin .
        Il n'a pas peur de la bête , il monte vers le moulin , il est vite repéré . Braco s'esquive vers la forêt et le meunier planque sa carabine de chasse . Germain descend a la cave et Michelle fuit dans sa cuisine .
        Le major s'en savoir pourquoi s'est mis en grande tenue . Le meunier lui ouvre la porte .......
        - Major Von Berendorff , bonjour Monsieur .  
        - enchanté , conte de la Roche de Trévise du Plan d'orgon .
        - ah , je ne m'attendais pas ........                                                                                                                                                                                                              
        Mais les deux homme continuent a se regarder fixement , avec comme un malaise , comme si de vieux souvenirs remontaient subitement .....
        Soudain le major se met au garde-a-vous .......et crie "Mes respects mon Lieutenant " ......!
        Et le meunier reconnaît avec stupéfaction celui qui fut sa dernière ordonnance a la Légion étrangère et qui lui a sauvé la vie sur la piste ......
        Non , Helmutt , pas lieutenant ,Capitaine ........
       
        Sans se concerter le Français et l'Allemand tombent dans les bras l'un de l'autre sous le regard incrédule de Michelle qui sort de la cuisine ........ après un moment de stupeur elle s'écrie a son tour - tonton Helmutt .......et lui saute dans les bras .Et oui , tonton Helmutt , ce beau légionnaire qui la faisait sauter sur ses genoux , la bas a Sidi bel abbes , chez la vieille gitane . Les souvenirs remontent en force et il va falloir expliquer a Germain et Braco ce qui unis ces  trois là .
        Devant la cheminée , les langues vont bon train et Braco et Germain sont noyés sous un flots de souvenirs .....de la Légion .
    - tu sais mon capitaine , j'ai gardé l'esprit de la légion , le sens de l'honneur et cette guerre ne me plaît pas .
    - comment as -tu pu monter en grade si rapidement dans l'armée de ton pays ...
    - je peux te tutoyer .......;
    - oui , a condition que tu m'appelle meunier comme tout le monde
    - tu sais que je me suis engagé a seize ans en trichant sur mon âge et qu'il ne me restait plus que six mois a tirer quand tu a quitter la légion . Je suis rentré dans mon pays et mon père étant mort je suis rentré , pistonné par mon oncle le vieux Maréchal , a l'école de guerre dont je suis sorti premier de ma promotion . Tu comprend vite qu'avec mon oncle .......
    - et te voila Major de l'armée allemande , mon ennemi , somme toute .......
    - oui , ennemi , tu comprend ma tristesse en ce moment . C'est pourtant un père que je retrouve , celui que j'ai admiré la bas sur les piste , dans le désert .......
    - et que tu as sauver de la mort en tuant de tes mains ce serpent qui aurait mis fin a mes jours en moins d'une demi-heure . Quel sang froid tu as eu, c'est toi qui pouvait mourir a ma place s'il t'avait mordu !
    - tu sais , mon capitaine , pardon "meunier" , comme tu étais aimé de tes hommes ,tous étaient prêts a se faire tuer pour toi . La Légion est une école qu'on ne peut oublier ........ et je n'ai rien oublier !
    Et dans la pièce , subitement un chant s'élève .....
    - tiens voila du boudin , voila du boudin , voila du boudin
    - pour les alsaciens ,les suisses et les lorrains
    - pour les belges yen a plus , pour les belges yen a plus
    - ce sont des tireurs au cul ...........
        Il y a comme une sorte de chaleur supplémentaire dans le pièce , cela sent le sable chaud et les deux légionnaires ont l'impression d'entendre l'appel du muezzin du haut de son putain de minaret .......ils n'arrivent pas a réaliser qu'ils ne sont plus du même coté .......et c'est douloureux pour les deux . Dans les djebels , dans le lit des oueds , sur les crêtes de l'Atlas , le jeune légionnaire suivait son lieutenant aveuglément . Il aimait cet homme dur mais juste .
        Meunier tu te souviens de la passe de Dar al........., meunier se souviens !

        Mais aujourd'hui , comment oublier que leurs pays sont en guerre l'un contre l'autre . Un silence pesant tombe sur les gens du moulin et leur .....invité . C'est Germain le premier qui se lève et parle ..... - il ne faut rien dire de ce que nous savons , il ne faut pas que le village sache que le Major c'est pour nous "Tonton Helmutt " , il n'y a jamais rien de bon a se fréquenter entre ennemis . Toutefois je lui fait confiance , c'est peu-être une erreur mais je lui fait confiance . Mais il ne faut pas qu'on le voit avec nous . Il suffirait de lui montrer l'une des entrées de la cave , celle qui prend dans le bosquet du pré au loup .
        Braco qui aurait normalement du être le plus méfiant donne tout de suite son accord . C'est donc un accord général qui met de petites humidités dans les yeux du Major . Qui au village pourrait penser que ce commandant allemand est un ami des petits français . D'un commun accord ils l'appellerons "Ton    ton" car si un jour ils parlaient de lui devant un tiers le "Helmutt" pourrait attire l'attention .
        Tonton est sidéré de la tournure des événements et reprenant son langage de légionnaire  - Putain de guerre ! Mais rassurez vous je ne suis pas nazi . Nous ne sommes pas tous des S.S . Il faut que je vous quitte avant que mon ordonnance lance des recherches .                        
    -Germain va t'accompagner par la sortie de cave du Pré au loup , c'est par là que tu viendras quand tu le pourras .......

        Cette nuit la bête a semblé avoir une activité importante . Les gens du moulin l'ont entendu a plusieurs reprises pousser ce qui leur a semblé être , des cris de colère .
        Effervescence dans le village , un allemand a faillit se faire "bouffer" par la bête . Il s'était égaré du coté du Pré au loup et était rentré sur le domaine de la bête des Fontis . Il n'a pas de blessure grave ,on a l'impression que la bête a simplement averti et l'a reconduit en lui mordant les fesses . Il a tellemnt eu peur que depuis il reste a proximité immédiate de ce qu'on appelle une feuillée dans le jargon militaire , le petit coin comme on dit aux enfants. Naturellement ses copains et tout le village rient de cette mésaventure et de ses courses pour soulager son ventre .
        Les allemands ne semblent pas vouloir monter une expédition punitive contre la belle noire aux dents blanches . Une certaine peur de ....l'inconnu .... les retiens .? Ils ont beau se dire que ce n'est qu'une bête mais dans leur Rhénanie natale il y a tellement de légende que leurs esprits divaguent . Seul leur chef , qui sait , ne dis rien . Il a seulement sermoné son subordonné pour son imprudence . C'est tout de même extraordinaire cette espèce de connivence avec la bête , on sait qu'elle est là , fichez lui la paix  , semblent dire les gens du village et ces braves teutons aussi . Il faut dire que nos vainqueurs sont représentés dans ce village , maintenant que les combats ont cessés , par des "anciens" . Ils ont déja fait 14/18 et beaucoup n'étaient pas tellement chaud pour en refaire une . A part quelques excités qui balancent du " Heil Hitler " a tous les coins de rue , les autres pensent surtout a ne pas se faire trop mal voir de la population . On ne sait jamais , des fois que .........! Ils pensent a leur gosses , a leur famille en allemagne . La séparation leur semble dure et les permissions n'arrivent pas assez vite . Pas tout a fait le moral dans les chaussettes mais tout de même une certaine lassitude s'est emparé d'eux .   
       
        "Pas gut ,la guerre "
       
        Les évènements s'enchaines a une vitesse affolante . Un général inconnu a lançé un appel a la radio de Londres disant que la France a perdu une bataille mais n'a pas perdu la guerre . Ce qui a bien fait rire les spécialistes allemands qui écoutent toutes les émissions radio , celle de Londres  en particulier . Peu de français ont entendu cet appel a la résistance , a continuer le combat . Au moulin  Germain l'a entendu . Il regarde avec insistance la belle carabine du meunier . Et si il reprenait ce combat qu'il n'a jamais commençé , dont il a été écarté par ce vieux médecin a binocles . Parfois il se demande ce qu'ils ont pu bien faire ceux qui étaient " bon pour les filles " . Il est prèt a en découdre avec les ennemis de la Patrie , prèt a rejoindre le général de Londres . Mais il a comme un malaise en pensant qu'un jour il lui faudrait tirer sur "Tonton" .
        Tonton qui abandonne parfois son bel uniforme d'officier de la Wermatch . Qui s'habille comme ses ancètres bavarois pour visiter ses amis du moulin . Sa culotte de peau  a bretelles qui découvre des jambes musclées fait bien rire  Michelle . Mais quand il chante les chansons de son pays , son émotion se transmet aux occupants du moulin . Cette langue qui nous semble brutale est pourtant pleine de  douceur . Il traduit  , ce sont généralement des berceuses ou des chansons d'amour .
        Mais ce soir il parle , il raconte la terreur que fait régner la S.S . Il raconte que les opposants au régime sont enfermés dans des camps de travail . Il raconte que les juifs sont persécutés avec l'approbation du peuple , manipulé ,embrigadé . Les enfants crient "heil Hitler " en rentrant en classe . Les jeunesses hitlériennes défilent au pas de l'oie dans les villes ....... vous ne pouvez pas savoir ce qu'on est en train de faire de ce peuple  . C'est l'horreur .
         Vous , Français , ne supporteriez pas une tel embrigadement .......
        Et pourtant , ce peuple va être veule lui aussi , il va suivre le vieux maréchal .

        Bientôt plus de République , mais un Etat Français , avec un dictateur a sa tête, Pétain , qui a Montoir n'hésitera pas a serrer la main d'Hitler  . Le moustachu triomphe , ses troupes sont passé sous l'Arc de Triomphe  piétinant le soldat inconnu .
        Liberté , Egalité , Fraternité  disparaissent pour faire place à Travail, Famille , Patrie ......... plus de droits sociaux , au boulot les hommes , que le vieux enverra travailler pour les boches dans les usines allemandes . Les femmes fermer vos clapets , la libéralisation de la femme était un scandale pour cette Eglise , qui s'insère dans la remise en ordre de la société . On baise seulement pour la Patrie , pour le plaisir c'est un péché !
        Vichy ne va pas tarder a sortir sa Milice qui copie la SS dans sa barbarie . Et , comme ces pauvres allemands ont besoin d'aide sur le front russe on va créer la Légion de Volontaires Français , la LVF . Habillés en allemand , croisade contre le communisme , ils vont en baver dans les plaines russes .
       
        Tonton n'en peut plus ,il maigrit a vue d'oeil . Il sait qu'il est mal vu par la composante SS  du Commandement Ouest de l'Armée Allemande . Il ne sera pas non plus envoyé sur le Front Russe car jugé pas assez virulent au combat et de constitution trop faible pour résister au froid extrême . Trop faible ? Lui qui a supporté les chaleurs extrèmes de l'Atlas et le froid nocturne dans la neige des hauts plateaux . Dans quel but a-t-on colporté de telles invraisemblances ? Et qui ?
    Vengeance tardive contre son oncle , opposant virulent au nazisme , par neveu interposé ?
         On commence a penser en haut lieu que ce pistonné par le vieux général bavarois , son oncle ,n'est pas tellement a sa place dans la Grande Armée Allemande . La caste des officiers , issus généralement de vieilles familles militaires et pourtant souvent de la Noblesse , ne l'apprécient pas . Il est pourtant de leur monde mais on sait depuis peu qu'il a servit a la Légion Etrangère . Ce qui lui a valu la visite de deux officiers SS . Un véritable interrogatoire .
         Par son ordonnance qui a une véritable admiration pour lui , il sont Wagnériens tous les deux , il apprend que des instructions sont arrivées a son sujet au Haut Commandement Ouest . Un ami, pense que son arrestation est proche. Tout tourne rapidement dans sa tête , il n'est plus en phase avec ces gens l Sa patrie le repousse , pas sa Patrie mais Hitler et ses sbires . Si seulement le peuple n'était aussi manipulé , aussi embrigadé , il pourrait espérer . Sa dernière permission en Allemagne lui a ôté ses dernières illusions .........il lui semble qu'il risque de sombrer dans la démence . Il tourne et retourne une montagne d'arguments dans sa tête . Il n'en peux plus ...... il redeviens le petit légionnaire de seize ans , il va monter au moulin , voir SON capitaine !
       
        Quelques mois se sont écoulés . 
        On a retrouvé sur les bords d'un fontis les vêtements d'un major de l'armée allemande avec une lettre indiquant son suicide dans cet abîme qui  l'a enterré sous des tonnes de terre . Le bruit de cet effondrement a été entendu par le village et le moulin . C'est maintenant un énorme entonnoir qui va se remplir d'eau .....et de petits poissons .
        Pour ne pas a voir l'air d'avoir abandonné la dépouille d'un officier allemand dans les fontis , un cercueil a été ramené au village et enterré au cimetière communal , le major en question n'ayant plus de famille en Allemagne . Mais les villageois disent qu'il n'y avait que des pierres dans le cercueil . Le Commandement local et surtout la SS , étaient bien contents d'avoir évacué un problème . La lettre a été subtilisé par le Service de Propagande allemand . La mort du major ayant été officiellement attribué a une imprudence lors d'une promenade , des panneaux interdisent maintenant l'accès a la zone . Les villageois ne comprennent pas que la bête ne se soit pas manifestée.
       
        Pourtant elle n'est pas morte . Michèle l'a encore vue ce matin a la lisière des fontis . Germain a le sourire , personne ne parle plus de la tuer et les fameux panneaux d'interdiction dans cette zone dangereuse  , c'est surtout elle qu'ils protègent .
        Michele n'en a plus peur , elle l'a rencontrée , en bordure des taillis . Les deux belles se sont regardées intensément . Michelle n'osait plus respirer ,  elle était comme tétanisée par la présence de la bête ; Elle pensait qu'elles étaient comme deux femelles prêtes a se battre pour l'amour de Germain . La panthère ne bougeait pas non plus mais ses flancs étaient rempli de frissons . Sa robe magnifique brillait sous le soleil . Le panthère au bout d'un moment , bien long pour Michelle , se couche . L'autre belle s'assoit sur le sol . Elles ne se quittent pas des yeux . Puis un son rauque mais doux sort de la gorge de la bête , qui se lève et rentre lentement dans son domaine , non sans un dernier regard ....... a cet instant , Michelle a eu envie de la suivre !
        Elle revient songeuse vers le moulin , elle se demande si comme Germain elle n'est pas un peu envoûtée par cette bête . Elle réalise que son comportement n'est pas tout a fait normal , elle aurait du avoir peur , elle aurait du reculer ou s'enfuir encourant . Elle envie presque la beauté de cet animal , son regard intense , ses flancs si luisants , ce pelage qu'elle imagine doux comme celui d'un chat . Elle la voit maintenant comme un gros chat et non plus comme un fauve .

        Les occupants du moulin sont sidérés et particulièrement inquiets de son récit . Mais Germain sourit , il se voit avec ses deux  brunes a ses pieds . Maître de leurs destinés , deux femmes soumises au bon vouloir du mâle . Puis il se met a rire .....
    - Michèle tu es une courageuse petite bonne femme , tu aurais pu te faire dévorer !
    -non Germain , elle n'as pas eu le moindre geste hostile , cette bête reste une énigme .....d'où vient-elle pour avoir un tel comportement !
    - même si elle a été dressée dans un cirque c'est toujours un fauve !
    - vous savez dit Braco il y a eu des cas de fauves se comportant ainsi , mais la fin de leur histoire a pratiquement toujours été tragique , soit pour eux, soit pour le dresseur ou le propriétaire .
    - pourtant dit un homme qui se chauffe prés de la cheminée on dit qu'en Afrique du sud des roitelets avaient leur panthère apprivoisée .

        Un nouvel occupant du moulin ? Barbu , cheveux longs comme Braco , avec toutefois un raideur militaire dont il n'est pas encore parvenu a se défaire totalement ........ revenons un peu en arrière !

        Dans l'après midi du jour ou le major a disparu dans un fontis , un homme a suivi l'accès au moulin par la cave , depuis le pré au loup .
    Surprise au moulin  envoyant surgir celui qui devrait être mort au fond du Fontis . Joie de Michèle et des autres , "Tonton" est vivant . Il raconte sa mise en scène pour qu'on ne le recherche pas .
    - pendant des nuits j'ai pensé a ce jour ou je me libérerai du peu qui me rattache encore a mon pays . Le nazisme a tout détruit . Les gens ont  peur , enfin ceux qui ne rentrent pas dans le moule du parfait petit nazi . J'ai maintes fois hésité . Et puis j'ai appris mon arrestation proche. La SS ne pardonne a personne un manque de zèle dans la propagande du nazisme .
         Sachant pertinemment que j'avais toutes les chances de finir en forteresse ou plus exactement dans un de ces camps de travail après un procès truqué . Alors j'ai étudié toutes les possibilités de fuir ce....triste sort . Me suicider ne m'a pas semblé digne d'un officier sauf si c'était un faux suicide !
        Nous avons échafaudé cette mise en scène avec Germain . Car connaissant parfaitement les fontis il a provoqué cet éboulement par l'agrandissement d'un petit trou de mine ........

        Les autres sont sidérés . Ainsi ce benêt , ce supposé simple d'esprit, a eu l'audace de s'entendre avec un allemand pour provoquer une éboulement dont il a le culot maintenant de préciser qu'il savait exactement le résultat final .

    - Helmutt il n'est plus question de t'appeler Tonton ni Helmutt , il va falloir que nous inventions un autre état civil , que nous l'apprenions tous par coeur ; En attendant il faut te cacher ,te laisser pousser la barbe et les cheveux dit le meunier .
    - pour un militaire teuton , rigide par nature ça va être dur , grogne Braco .
    - mais non Braco je m'y ferais ......
       
        C'est tout de même extraordinaire cette connivence , cette acceptation                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        immédiate d'une situation pour le moins ....particulière ! C'est assez incompréhensible que personne dans ce groupe de Français  n'ai émit la moindre réserve . Meunier n'a vue en lui que son ancienne ordonnance , l'homme qui lui a sauver la vie et Michèle le beau légionnaire qui la faisait sauter sur ses genoux , son tonton . Aucun d'eux , sauf peut-être un peu Braco , n'a vu derrière le légionnaire , l'officier de la Wermatch .
        Dans les jours suivant , avec une science du bricolage qu'on ne lui soupçonnait pas , Germain a bricolé un passage dérobé dans un des murs bas du moulin, donnant  directement sur la sortie souterraine du pré au loup . En cas de besoin , Tonton pourra fuir par là . Braco , faisant taire ses doutes , ce matin l'emmène en forêt . Il lui apprend a écouter , a se dissimuler , a comprendre les traces des animaux . L'animal apprend vite et Braco se dit qu'il pourra rapidement le faire ressemblé a un homme des bois . Un plus pour sa survie dans une région qui peut devenir dangereuse a brève échéance .
     
        Cela fait maintenant trois mois que l'ex-officier de la Wermatch est parmi eux dans le moulin et même son ordonnance aurait quelques difficultés a reconnaître son ancien chef . Barbu et chevelu , l'animal n'a rien a envier a Braco avec qui il part parfois plusieurs jours dans l'immense forêt . Maintenant c'est Fred , Fréderic Moulin , sur sa carte d'identité . Véritable carte d'identité dont la photo a été quelque peu modifiée . Le vrai Fred est mort , déchiqueté par une bombe et devenu un mort inconnu . Sauf pour Braco qui a trouvé la carte sur ce cadavre sans nom pour ceux qui l'ont enterré .
       
        Les deux hommes avancent avec peine au travers des ronciers qui semblent protéger l'entrée de cette petite vallée perdue . Aucune trace de travail forestier . Les seules chemins visibles sont les "coulées " des gros animaux , principalement des sangliers . Les visages sont fouettés par des branches basses . Les pas sont de plus en plus lourds dans cette montée vers ce qui ressemble a une falaise . Fred est en tête et Braco qui le suit trouve bizarre l'absence de cris d'oiseaux ....quand un coup de feu claque et les projette a terre . Un silence pesant s'établit puis une voix forte sort d'un éboulis ...... - Montrez vous , mains en l'air - ..... Braco obtempère .... - putain , Braco tu m'as fait peur - s'exclame un grand gaillard en combinaison de mécanicien .
    - Robert je te cherche depuis près de six mois dit Braco ......
    - ben , tu nous a trouvé , tout le groupe de combat est là ....les boches ne nous cherchent plus ....ils croient sans doute que nous avons fuient comme les autres .
    - faut dire que ton régiment s'est drôlement effiloché ....
    - il a explosé tu veux dire ..... Colonel en fuite le premier avec sa punaise dans la plus belle voiture du régiment.......sont bien les     pantins de la haute! A la fin il ne restait plus que nous les Corps-Francs .
       
        Un trou a une certaine hauteur dans la falaise permet de s'introduire dans une grande caverne que les Corps-Francs ont aménagés en dortoir , cuisine et tout ce qu'il faut pour vivre .
        Braco qui semble avoir une certaine autorité sur ces hommes explique a Robert la situation au delà de la foret et la "qualité" de celui qui l'accompagne . Comme prévu Robert a un haut le corps et manque de s'étouffer ......un boche s'est introduit dans la caverne ! Mais Braco très vite lui raconte qui est réellement Fred , un résistant au nazisme .
        Alors c'est un hourra pour Fred , qui explique qu"il ne faut    pas trop dire du mal des gens de la "haute" .....la preuve lui est là avec eux . Situation particulière et effarante , un major allemand , noble bavarois salué comme un héros par des Corps-Francs français .
    - mais cette guerre n'est pas une guerre comme les autres dit Braco .
    - mon commandant , réplique Robert , nous voulons continuez a nous battre , a l'heure qu'il est , l'Armée Française doit nous considérer comme morts , prisonniers  ou déserteurs !
    - mayooore dit en riant Fred , mon vieux Braco t'a bien caché ton jeu dans le village ou au moulin.......
    - Fred arrête ta mise en boite , oui je suis commandant , je ne dépendait que du grand patron du Service de Renseignement . C'est a ce titre que j'ai travaillé avec le Corps-Francs du Lieutenant Marin , Robert , avec qui je passais souvent la frontière sous la protection de ses hommes . Et Braco était mon nom de code......
    - bon , écoutez moi tous , pour ceux qui le veulent , j'ai une filière pour les faire passer en Zone Libre ou ils serons démobilisés et pourront rentrer chez eux . Pour ceux qui resterons avec moi je leur propose de former une sorte de commando sous mes ordres avec Robert comme adjoint et Fred comme conseillé . Un conseillé précieux car il connaît parfaitement le fonctionnement de l'armée d'occupation . Cette armée que nous harcèlerons avec parfois l'aide des maquis communistes qui se sont formés un peu partout ......
    - mais tu sais Braco ,chez nous aussi il y a pas mal de camarades communistes.....
    - oui , je le sais , ils ont été "volontaires" pour les Corps-Francs , volontaires obligés parfois !
    - l'avantage que nous aurons sur ces maquis ,  c'est d'être ravitaillé par Londres . Je n'ai plus qu'a donné le feu vert pour le parachutage .

        Au moulin , en zone d'occupation maintenant , la vie continue ....presque sans problèmes ! Grâce aux herbes de la Camille , Michèle s'est évitée une grossesse prématurée . Ils veulent un bébé mais pas maintenant . Elle est trop jeune et la Camille a dit que son corps n'était pas prêt . Mais ils sont tellement ardents les deux jeunes du moulin que les risques sont certains .
        La Camille monte souvent au moulin , elle apporte des victuailles en échange de la farine que le meunier écrase en cachette . Les allemands considèrent ce vieux moulin comme une antiquité négligeable et le nouvel organisme civil contrôlant l'alimentation des français en a fait autant . C'est pas tellement étonnant , le village est déjà bien isolé et le moulin encore plus . Et il y a la bête des Fontis .
    Il faut être courageux pour emprunter ce chemin sous sa "supposée" menace . Les cultivateurs qui font encore transformer quelques sacs de blé , accéde au moulin par le chemin de la cavée avec un attelage bien réduit . Mais la Camille n'a pas peur de la bête et les mauvaises langues disent qu'elle monte au moulin pour le plaisir du meunier . C'est qu'en réalité elle est encore belle sous ses vieilles nippes . Un petit cul bien rond , des cuisses bien pleines et des seins qui penchent un peu mais encore fermes , suffisants pour contenter la main d'un meunier . 
        Notre meunier , Camerone pour les amis , ne s'en prive pas et ne se cache  même pas . Pourquoi ils se cacheraient , la haut , sur cette butte qui avant le moulin a du supporter un temple païen , puis romain , puis un chateau-fort dont sur le coté subsiste les ruine de la chapelle . Saintwatz c'est un peu le bout du monde et Camerone pensait qu'un jour cet endroit serait son Ermitage , lieu de sa fin de vie . Mais petit a petit , avec la jeunesse qui a envahit le moulin , il voudrait bien que la Camille vienne y habiter aussi . Mais elle résiste encore . Michèle qui a des mains d'or , lui a  confectionné en secret une robe moderne , comme a la ville , dans un tissus souple et coloré .
        Ce soir la Camille a accepté de coucher au moulin . Michèle lui fait revêtir cette fameuse robe et son apparition , dans le grand salon, devant la cheminée ,est saluée d'un murmure admirateur . C'est vrai qu'elle est belle la ....non , Camille , dépouillée de ses vieilles nippes noires . Tous sont stupéfaits de cette transformation , la fille du peuple , la bougresse comme on dit au village , est devenu une belle femme . Mais Camerone lui savait déjà qu'elle était belle . Et ce qu'il savait aussi c'est qu'elle n'était pas bête et qu'elle apprenait vite . Il lui donnait a lire des livres dont ils parlaient ensemble après . Ils ne faisaient pas seulement l'amour dans la chambre du meunier mais aussi l'instruction qui manquait a Camille . Pour lui rapidement ce n'était plus "la camille" mais Camille ! Femme respectable quoi qu'on en dise au village .
        Camille était devenu veuve , très jeune , et dans ce monde égoïste elle avait du se battre , simplement pour survivre . Elle a fait tous les métiers , fille de ferme , laveuse du linge des plus riches et si elle a couché avec des hommes ce n'était pas pour l'argent . Camille n'est pas une putain . Ces dames de la petite bourgeoisie( de la grande aussi ) qui couchent avec le patron de leur mari pour lui faire obtenir un avancement , c'est quoi ? Des putains , plus malhonnêtes peut-être que les filles des bordels .
        Ils viennent tous l'embrasser ....... et puis la surprise a laquelle ils ne s'attendaient pas .
        Le meunier se lève et dit ......

    - Camille , devant tous mes amis qui seront témoin de ta réponse , veux-tu m'épouser ?
        Camille ne répond pas , elle pleure , doucement , elle pleure et sans répondre se jette dans les bras de Camerone qui pleure aussi . Michèle les rejoint , Germain aussi , en pleurant , ils entourent les deux vieux de leurs bras........

        Fred bafouille ....pleure pas mon capitaine ! Braco hurle " Champagne " , prend Fred par les épaules et tous les deux se mettent a danser comme des cosaques en chantant ........

        Elle n'as pas dit oui mais elle l'a tellement pleuré sur l'épaule de Camerone . Ce soir au moulin on ne pense plus a la guerre mais à l'amour et à l'amitié . Camille ne redescendra pas au village . Sauf pour passer devant Monsieur le Maire et Monsieur le Curé . Quel revanche devant ces imbéciles qui l'ont parfois injuriée ou maltraitée , ces donzelles qui l'a regardaient avec dédain .

        - Camille Dupontin , voulez vous prendre pour époux , Norbert de la Roche Trévise du Plan d'Orgon ?
        Et cette fois ci , elle a dit oui , un grand oui d'amour .
        La chaisière , cette vielle bigote en bave de rage . L'épicière qui n'a jamais dit de mal de Martine pleure de joie sur son livre de messe . Le bedeau tire sur la corde qui actionne la cloche en chantant . Cet homme simple est tellement heureux  du bonheur de sa vieille copine avec qui il faisait les moissons . Les pauvres de la paroisse se sentent soudain plus riches , plus nobles ....une des leurs est devenue Comtesse de la Roche Trévise !

        Mais la vie devient difficile dans cette France coupée en deux .Et si le moulin vit des moments heureux , c'est loin d'être une généralité nationale . On a froid , on a faim dans les villes et tout le mode n'a pas les moyens d'acheter au marché noir .
    Ce marché parallèle qui s'étend de plus en plus car il y a toujours des produits  alimentaires ou autres dans les arrière-boutiques . Les gosses implorent leurs mères qui n'en peuvent , .....maman j'ai faim ! Cri atroce qui bouleversent les adultes qui eux aussi ont faim .
        Dans les beaux quartiers , on fricote avec les nazis , et certains allemands en profitent pour détourner ,  moyennant  espèces sonnantes et trébuchantes , les denrées raflées dans nos campagnes , initialement destinées a nourrir leur armée . Des officiers allemands offrent a leurs maîtresses de la"haute" et accessoirement à leurs femmes en Allemagne , les bas de soie et autres fanfreluches  , pillés dans les magasins juifs . On envoie les juifs dans des camps dont en principe , on ne connaît pas encore l'horreur , mais on se partage leurs biens après . La magouille et le marché noir sont les deux mamelles de la nouvelle élite . Ces petits bourgeois qui prennent leur revanche de ces ouvriers du front populaire qui leur faisait si peur ......avant l'arrivée des allemands . Ma chère , Monsieur Hitler n'est pas si dangereux que cela , il nous a libéré des communistes , cette racaille ! Et oui cela s'entend dans les salons bien fréquentés ........

        Mais Camille , au moulin , dans sa nouvelle cuisine , n'a pas peur de la racaille ......elle se doute bien que sa misère qu'elle vient de quitter , la classait de ce coté là . Quoi que le gens du bourg l'avaient toujours bien considéré . Elle était tellement serviable et charitable pour les plus pauvres qu'elle . Elle est heureuse devant la belle cuisinière du moulin , en fonte noir avec des robinets en cuivre . L'eau est toujours chaude dans les réservoirs de chaque coté du foyer . Grand foyer alimenté au bois . Et quand la cuisinière ne suffit plus la grande cheminée de la salle commune prend le relais . Camerone qui n'est plus le chef de cette cuisine vient surveiller de l'oeil le "frichti" qui cuit et embaume la cuisine . C'est vrai que Braco et Fred , n'oublient jamais de revenir de la forêt sans quelques lapins , lièvres , faisans . Ce n'est pas la viande qui manque au moulin . Les légumes abondent dans le grand jardin bien entretenu par Germain avec l'aide de Michèle .
        On a l'impression parfois que le moulin n'est pas dans la guerre et qu'il la regarde en spectateur privilégié .

        Mais la bête est toujours là , on l'entend parfois la nuit et les enfants au village savent qu'a coté de ce qu'elle pourrait leur faire la fessée du père c'est une douce rigolade . Sur un pari stupide un allemand est rentré sur son territoire . L'arme a la main , il a .......hurlé de peur quand le fauve l'a raccompagné aux limites des fontis . En passant les barbelés , censés protéger les villageois , l'arme a accroché une épinette ..... et pan .... le coup est parti et le coq du clocher est tombé après un demi-tour sur lui même . Le curé qui disait sa messe du soir s'est précipité dehors en hurlant qu'on lui tirait dessus . Chez le père mathurin dans son bistrot reconstruit en même temps que le presbytère , les vieux qui essaient de se biturer au PSA  ( pastis sans alcool ) hurlent aussi ...... mais de rire en voyant le curé a plat ventre sur le parvis , a la suite du choc avec le teuton qui courrait comme un fou ,toujours en hurlant .
        Le nouveau Mayor qui lutinait la Caroline , dont le mari est prisonnier en Allemagne , passe la tête par le fenêtre et interroge son ordonnance dans la voiture en stationnement
    - terroristes ?
    - nein mayor , la panthère !
    - vous me mettrez la peau de coté ....
    - ya , herr  mayor mais Walter n'a pas tué la panthère mais le coq du clocher ......
       
        Le major referme la fenêtre en riant et reprend une activité beaucoup plus importante pour lui , le pelotage des tétons de Caroline , en attendant plus . Pas une seconde Caroline ne pense a son mari , là-bas derrière les barbelés . Ses cuisses ne pensent qu'a s'ouvrir a son nouvel amant . Elle a besoin de faire l'amour  et les victuailles apportées par le major l'incitent a ne rien lui refuser . Il faut la comprendre , son jeune mari a embrassé la condition militaire en 1938 et ne l'a quittée que pour ...... "s'enfermer"  dans un stalag ! Les permissions pendant la drôle de guerre étaient rares et elle a le sang chaud , la Caroline . Comment pouvait-elle lutter contre ce désir permanent qui lui torturait le ventre ? Elle a besoin d'un homme , c'est la nature , l'appel des sexes . Alors peut importe l'uniforme pourvu qu'a l'intérieur il y ait ce qu'il faut pour la contenter . Et déjà dans le village , beaucoup de jeunes femmes  et même des plus âgées , commencent a souffrir sérieusement de l'absence de leurs hommes . Monsieur le curé , ce faux-jeton , a beau leur faire la morale dans son prêche ou dans le confessionnal , elles ont une furieuse envie de pratiquer le péché de la chair .
        Le Walter , lui , est arrivé en braillant a l'infirmerie du petit camp . Quelques traces de griffes sur ses fesses . Son bel habit militaire d'homme de la race supérieure est bien déchiré par la belle noire . Donc rien de bien méchant  . Sa désobéissance va tout de même lui coûter cher , corvée de chiottes et prison en attendant un possible envoi sur le front russe . Pour les troupes d'occupation en France c'est la punition pour les fautes graves ...... la Russie !
        Monsieur le Maire pour amplifier le déshonneur du pauvre Walter veut porter plainte pour destruction de bien communaux . Monsieur le Curé lui demande de n'en rien faire pour ne pas se mettre mal avec nos occupants . Au Vatican l'attitude du Pape ne sera pas si différente .   

        Au moulin la vie continue ..........
        Michèle  a toujours un brin de jalousie pour la panthère . Elle remarque qu'elle s'approche de plus en plus souvent du moulin . Ses traces nocturnes se voient parfois pratiquement au pied du moulin mélées lui semble-t-elle a celles de Braco .
    - Germain , la belle noire est encore venue pres du moulin cette nuit ......
    - oui et alors , nous savons qu'elle est là mais qu'elle ne nous a jamais attaqué ....
    - Braco tu dis rien on a l'impression qu'elle suit tes traces ......
    - mais non Michèle pas plus moi qu'un autre habitant du moulin ....
    - en vieillissant elle peut devenir dangereuse dit Camerone
    - vous voulez vraiment que je la supprime ......
    - NON ..... non Germain reprend plus calmement Braco , cette bête n'est pas    dangereuse pour nous .
    - mais .....bafouille Camille j'ai peur , parfois le soir .

        Un long silence s'établit dans la pièce . Chacun semble réfléchir a la violence subite de Braco , habituellement très calme  . Déja , a plusieurs reprises , il avait  pris la défense de la bête noire mais jamais avec cette violence . Alors pourquoi ?
    Michelle se dit que décidément cette bête a bien de la chance d'avoir de tels défenseurs car elle n'oublie pas l'attitude un peu trouble de son beau Germain . Lui aussi la défend comme on défend une maîtresse .
        Camerone regarde Braco avec curiosité et se dit que lui-là leur cache quelque chose . Mais quoi ? Fred regarde ailleurs d'un air faussement dégagé . Serait -il au courant d'un secret de Braco qui aurait trait au félin ? Germain le pense et se promet soit de lui faire avouer ce secret ou d'aller visiter la belle . Il ne sait pas pourquoi mais il pense qu'elle est ce secret .
         Vers une heure du matin il sort pour pisser . C'est son plaisir de pisser dans la nature . Quand il était petit avec un copain ils chantaient en pissant :
        -j'fais pipi su l'gazon pour emmerder les coccinelles
        -j'fais pipi su l'gazon pour emmerder les papillons
        -pipi gazon , papillons coccinelles
        -pipi gazon , coccinelles  papillons .
    Il allait commencer a chanter quand il remarque l'ombre noire de la belle qui se déplace a la limite des fontis . Et soudain une deuxieme ombre , un homme , se dirige vers la bête . Quand les deux se rejoignent il voit .....il se frotte les yeux .....c'est pas possible ....... il voit la panthère poser ses pattes sur les épaules de l'homme . Il n'ose pas bouger , pas un son ne pourrait sortir de sa gorge . Un rayon de lune descend des nuages pour éclairer la scène . Stupeur ,c'est  Braco qui caresse la bête noire . La bête noire qui lui lèche les oreilles comme un gros chien ou comme un énorme chat .
        Un gros nuage lui cache la scène . Il n'ose aller vers eux et attend que la lune éclaire a nouveau la lisière des fontis . Quand elle reviens , il sont partis . Il se demande s'il n'a pas rèvé . Il a beau regarder , rien !
        Songeur , a petits pas , il atteint les premiers buissons des fontis . Pas un bruit  . Dans une petite partie plus humide il trouve les traces , cote a cote ,de la manthère et d'un homme . Les traces s'enfoncent dans les fontis . Les suivre ? Non , pas de nuit , demain  peut-être .
        Soudain une main se pose sur son épaule ......
    - tu nous a vu ?
    - oui , je ...je ....je n'en reviens pas !
    - tu n'as pas eu peur  ?
    - non mais laisse moi reprendre mes esprits . Cette bête est a toi ou tu viens de la dresser . Je n'arrive pas a croire qu'un fauve puisses avoir un tel comportement .
    - j'ai élevé Léna au biberon ....... et j'habite au milieu des fontis depuis longtemps .
    - je ne sais plus quoi dire , Braco et Léna ..... je ne sais plus qoi dire !
    - viens coucher , demain j'expliquerai a tous les gens du moulin .
    - tu habite dans les fontis et par un seul.....braconnier.....ne t'as reperer ?
    - ils avaient trop peur de s'ensevelir dans un fonti puis après la Léna a jouer son rôle ......faire peur ....

        Mais les explications serons pour un autre jour , avant le lever du jour Fred et Braco sont partis , anxieux , vers la grande forêt . Germain n'a rien dit et la vie au moulin continue . 

        Marchants souplement l'un derriere l'autre , Braco et Fred qui a appris a marcher sans bruit , pénètrent dans une partie  de la forêt , qui reste sous la menace des teutons . C'est Robert qui est venu les prévenir que les allemands recherchaient activement deux parachutistes anglais . D'après lui ils sont tombés dans la Combe Noire . Cela rassure un peu Braco car cet endroit est difficile d'accès , encombré de roches , de troncs d'arbres et surtout de caches possibles dans des galeries d'une vielle mine .
        Braco envoie Robert rejoindre son groupe de combat en lui demandant de ne pas se découvrir en restant a la limite des grands fonds ou les occupants hésitent toujours a pénétrer .
        La Combe noire n'est pas loin et des craquements suspectes sur la droite du chemin fait s'aplatir les deux hommes . Fred serre la crosse de la MG , cette arme qu'ils ont fauchés aux boches dans un coup de main mémorable . Fred murmure " - c'est pas des boches , seulement une petite harde de cervidés , un peu affolés par l'intrusion des militaires - "  . Braco sourit , tiens il les appelle les boches maintenant car au début il disait les allemands , les occupants . Mais il est tellement rentré dans sa peau de résistant aux nazis qu'il parle comme les Français du groupe de Robert .
        Une fois de plus , en progressant avec prudence , vers la Combe Noire , Braco se félicite d'avoir fait confiance a Fred . Cet ancien officier allemand a une science du combat rapproché qui lui viens incontestablement de son passage a la Légion . Sous son apparence une peu chétive , c'est en réalité un véritable homme des bois , combattant de l'ombre intraitable . Comme le pilote Français de la R.A.F qui bombarde un pont sur la Seine sait qu'il peut tuer des compatriotes , lui en tirant sur les nazis sait qu'il peut tuer de braves gens de chez lui . Parfois la nuit il a des cauchemards mais la haine du nazi reprend le  dessus . Il sait maintenat que des réseaux allemands de résistance au nazisme se sont créés dans son pays . Et parfois a très haut niveau .
        Ils n'ont sentis ni l'un ni l'autre l'approche des commandos anglais qui leur sont tombé sur le dos la dague appuyée sur le foie . " Français " dit Fred  , résistants Français insiste Braco en anglais .
        Les parachutistes ont compris rapidement car Braco a immédiatement indiqué en anglais son appartenance aux services secrets de sa majesté la Queen . Mais les explications serons pour plus tard . Ce sont donc quatre hommes super-entraînés qui vont essayer de rejoindre les hommes de Robert . Il n'y a aucune peur . Ils sont tous les quatre conscients du danger mais ces soldats qui les cherchent sont des militaires ordinaires . Eux quatre sont des fauves ,des bêtes de combat avec un sang froid extraordinaire . Braco réfléchit et décide de prendre les cheminement des sangliers  a la place des allées et chemins forestiers . Au bout de  deux heures de marche ce sont les premières lueurs de l'aube .  Maintenant ils ne peuvent plus compter sur l'obscurité . Braco et Fred savent qu'ils sont près de rejoindre les hommes de Robert . Seulement un groupe d'allemands vient de surgir sur leur droite et inconsciemment  vont leur couper la retraite .
        Les commandos n'ont que leur pistolet et leur dague . Seul Fred est bien armé car Braco n'a qu'un revolver lui aussi . Mais Fred les fait coucher , se débarrasse de son arme au profit de Braco . Braco a compris  . Dans son habit de forestier , Fred se dresse dans le taillis et d'un voix impérative d'officier allemand il arrête le groupe des teutons et le dirige dans l'autre direction . Obéissants comme un seul homme , ils retournent sur leurs pas , dans la brume l'habit de forestier a fait illusion . En un éclair , notre quatre lascars ont franchis le layon et s'éloignent a l'abri des grands taillis  .
        Le grand interoffizier (sergent ) qui commande le groupe s'arrête , comme inquiet , regarde vers l'endroit ou se trouvai Fred et appelle ...mayor ....mayor ...... puis réalise qu'il s'est fait berner . Une grande discussion s'anime dans le groupe qui finit par repartir dans l'autre sens , les armes pointés vers les taillis . C'est maintenant la peur qui les fait marcher . Ils ne comprennent plus  . Ils étaient censé rechercher deux pauvres aviateurs anglais . Ils sont heureux de voir venir vers eux un petit véhicule tout-terrain avec leur Major bien aimé dedans . Bien entendu ils n'ont rien vu , rien entendu et reprennent le chemin vers la sortie de la forêt avec soulagement . Tout de même , si les aviateurs anglais se mettent a donner des ordres comme un major allemand .......c'est con la guerre se disent ces pauvres doryphores !
        Mais c'est connu , les grandes émotions détraquent les intestins et un de nos "vert de gris" se précipite dans les fourrés pour se soulager . Au bout de quelques minutes un hurlement cloue  sur place ses camarades . Ils se précipitent pour voir un spectacle incroyable . Le pauvre garçon , pantalon sur les godasses , accroché a une branche basse , hurle sous les charges d'un grand solitaire qui lui déchire consciencieusement son pantalon et ses chaussures . Une rafale de mitraillette cloue sur place le sanglier mais place une balle dans les fesses du malheureux qui venait de lâcher la branche . Et qui du coup hurle de plus belle . La mère Ursule qui ramassait des champignons a tout vu et s'est empressée de raconter cette aventure au village . L' honneur de la race supérieure est en chute libre chez les ploucs et même jusqu'à la ville ou l'on raconte que les sangliers font de la résistance   
       
        L'appareil anglais, un Lysander , l'avion de la Résistance comme on commence a l'appeler , finit de brûler dans un champs proche de la forêt , pilote tué , a l'intérieur .
        Les deux commandos racontent . Pris dans le faisceau lumineux d'un poste de D.C.A , Une rafale a touché mortellement pilote et moteur . Les deux commandos ont pu sauter malgré la faible altitude et les sapins ont amortis leur chute . Les voilures des parachutes sont restées dans les arbres . Surtout ne pas aller les récupérer , les allemands peuvent s'en servir comme un piège .
        La mission des deux commandos , devenant caduque , trop loin de leur but  initial , Braco qui a autorité sur eux , décide de les incorporer dans le groupe de combat . Ils serons précieux , ils savent tuer sans bruit .

        A la campagne les légendes se basent toujours sur une réalité , un fait oublié , un aventure a la limite de l'extraordinaire . Alors la légende des sangliers résistants va se développer et bizarrement les allemands vont très mal réagir . Au lieu d'en rire ,le cantonnement  en bordure de la forêt prend peur . Et si c'était vrai , c'est tout de même pas normal qu'un sanglier attaque un pauvre militaire posant culotte . Ces teutons n'osent même plus , après cette aventure , entraîner une demoiselle consentante  dans l'ombre des grands arbres .   
        Par contre la résistance se renforce tous les jours avec les jeunes qui refusent  de partir  travailler en Allemagne et prennent le maquis pour se soustraire aux recherches de la gendarmerie . Recherches qui ressemblent plus souvent a une autre forme de résistance car bizarement les jeunes sont souvent partis avant l'arrivé des pandores qui ne paraissent nullement étonnés . Braco n'a pas voulu incorporer ces jeunes qu'ils dirigent vers des maquis plus statiques . La mobilité  de son groupe de combat , qui s'appelle maintenant Commando C , ne peut accepter le nombre . C'est Fred qui a tenu a l'appeler Commando C , C pour Camerone , son chef vénéré a la Légion . Le meunier quand il l'a appris a pleuré , comme une vieille bête . Pourtant c'est lui qui dit souvent " Un légionnaire ça pleure pas " . Tu parles ....... !

        Mais comme le téléphone forstier , qui n'est pas arabe , fonctionne bien tout de même , au moulin personne ne s'étonne de la disparition des deux résistants . Seul Germain "qui sait " voudrait bien entendre les explications de Braco sur Léna la panthère et leur "bauge" dans les fontis .
        Il lui faudra attendre car Braco et Fred viennent de faire une découverte qui les sidère . Recherchant une autre voie pour échapper a une attaque allemande avec des forces très superieures aux leurs , ils s'enganent vers la partie de la grande forêt encore plus sauvage que celle fréquentée par le Commando C .Les ronces ,les épines de toutes sortes , les éboulis , font de leur marche une progression douloureuse .
        Fred échappe de justesse a une chute dans un trou comme ils en existent certains dans la partie presque vierge de ces grands bois . Ces trous sont les cheminées d'une activité profonde en sous -sol qui exalent un espèce de brume .....chaude ! Ils se regardent tous les deux et pensent que Fred pouvait mourir dans l'anti-chambre de l'enfer . Mais maintenant dans leur progression très ralentie par l'incident , ils sont troublés par des traces laissant penser a une ou des présences humaines . C'est d'abord un petit morceau de tissus a fleurs venant sans  doute d'une robe . Mais comment une femme pourrait -elle vivre dans ces lieues aussi inhospitaliers ? Puis c'est un bruit de fuite dans un taillis entre deux ronciers .
    Et bizarement il leur semble que ce n'est pas un animal mais un être humain .
        En continuant vers le haut , au milieu d'une végétation épaisse et presque impénétrable , ils découvrent un cheminement descendant vers le bas d'une combe . Plus nets maintenant , des traces de pas . De petites empreintes , pas celles d'un homme en tous cas .
        Une fléche siffle a leurs oreilles et vient se planter dans un arbre .
    - ne tirez plus nous venons en amis crie Braco .....
        Une voix féminine répond dans une langue qu'ils ne comprenne pas , puis .....
    - vous , camarades résistants  ?
    - oui
    - vous venir , posez armes
        Ils descendent dans la combe , laissant leurs armes sur le sol ..... qui disparaissent rapidement ramassées par d'autres femme qui devaient les suivres depuis un moment .
        Au fond de la combe , elles sont là , sept femmes presque en haillon . Puis elles leur sourient et l'une d'elle qui parle Français se détache du groupe .
    - nous nous sommes échappées d'un train qui partait vers l'Allemagne il y a trois mois en profitant d'un bombardement dans une gare . Mes compagnes sont , tchèques , russes , arrétées par la police de Vichy comme étrangères et internées en zone libre . Mais il n'y a plus de Zone Libre , les allemands sont partout . Et les convois partent des camp d'internement vers les camps en Allemagne ; Il parait que la-bas , ils brulent les gens .......
    - mais comment avez vous pu vivre dans ce désert.......
    - moi je suis juive tunisienne mais les russes en particulier savent survivrent avec peu de choses . C'est l'une d'elles qui a fabriqué des arcs et des flèches avec lesquelles nous tuons le gibier . En nous enfuyant nous avons pillé des magasins éventrés par les bombes . Mais nous n'avons plus d'allumette et sommes obligées  de maintenir des braises . Ce qui nous manque le plus c'est le pain et le sel .
    - et hommes ...... ajoute en riant l'archère qui les avait arrètés.......
    - en fait c'est un peu Cro-Magnon reprend la tunisienne ......mais nous ne    comprenons pas le pourquoi de votre arrivée " chez nous " . Vous nous recherchiez ?
    - non pas du tout nous vous ignorions , d'autant plus que cette partie de la grande forêt est une experience de foret primaire lancée par l'Etat ou , en principe , personne ne pénètre . Mais des  forestiers nous avaient parlé de traces bizares en lisiere de cette zone . Pour notre sécurité il nous fallait voir .
    - qu'allez vous faire maintenant que vous connaissez notre existence ......
    - vous aider dans un premier temps puis , si vous le désirez , vous intégrer dans notre groupe de combat . Mais attention la discipline est tricte pour la survie du Commando . Et en plus vous aurez affaire à des hommes qui n'ont pas vu ne femme depuis un certain temps .
    _ je me demande même reprend Fred si vous ne pourriez pas constituer une sorte de base arriere ou nous pourrions stocker et entretenir le materiel . J'ai compris que l'une de vous était infirmière dans son pays , elle pourrait soigne les malades et les blessés . Car il ne faudrait pas prendre le risque que vous retombiez dans les griffes des nazis car dans votre cas c'est direct les fours crématoires .
    -une infirmerie , intéressante cette idée , répond Braco .
    - oui dit la Tunisienne , Natacha notre infirmière est particulièrement douée , elle nous a dit avoir préparer le doctorat en médecine ......
    - donc elle a de bonnes connaissances et pourrait intervenir sur pas mal de blessure mais il faut lui procurer le matériel nécessaire .........

        Les allemands n'ont pas très bien compris ou trop bien compris cette attaque  en pleine nuit sur l'hôpital militaire , bien mal gardé !
        A minuit juste , l'heure du crime ,  un camion tout feu éteint vient se placer le long du grand mur de l'hôpital . Des ombres courent , la sentinelle s'effondre sans un bruit . Une petite porte sur le coté est ouverte avec une sorte de passe . Le commando des résistants s'engouffre , toujours sans bruit . Sous la menace d'une arme la porte de la réserve de matériel médicale est ouverte .
        Un quart d'heure après la pièce est vide mais le camion est plein . L'alarme dans l'hôpital ne sera donnée qu'une heure après  . Par pitié pour le pauvre vieux  bavarois qui montait la garde , les résistant l'avaient seulement endormit . Ils ne sont pas bien terrible ces pauvres vieux qui ne croient plus en la victoire finale et n'ont jamais été nazis .
        Braco a bien travaillé dans le secteur . Ses sources de renseignements sont multiples , dans tous les milieux et même a la popote des teutons . Ce soir là , ils connaissaient même le prénom de la sentinelle.....ahurissant mais vrai !
        L'alarme a déclenché un beau bordel dans la petite ville . Les allemands courent dans tous les sens . Comprennent pas que ce camion ai pu franchir les postes de garde........Explication les soldats sont ivres ou endormis .....par une matraque particulièrement efficace . Si efficace qu'ils ont du mal a remettre leur casque sur leur tête bosselée ! Auparavant toutes les lignes téléphoniques des vert de gris ont été coupées . Le seul qui aurait pu s'en apercevoir dort profondément sous l'effet d'un somnifère versé dans son verre par une jolie résistante . Il n'a rien vu , il était le nez dans son corsage .
        Fred et Braco exultent , mission réussit a cent pour cent !
        A la Kommandatur arrive a l'attention du Colonel commandant le secteur , un message signé d'un certain Commandant d'un commando régulier des Services  de sa Majesté .....pas des "bandits" , des "terroristes" , des maquisards . Les allemands savent maintenant qu'ils ont affaire a des hommes en uniforme , ils supposent qu'il s'agit d'un commando parachuté mais pas d'un groupe de combat Français qui a oublié de se rendre en 1940 .
        Connaissant les qualités guerrières des troupes anglaises ils ne doutent pas de ce qu'on veut leur faire croire . S'ils savaient que ce sont en réalité des Français commandés par un officier Français et par  ....... chose encore encore plus incroyable ,  un officier de la Wermacht , antinazi , ancien de la Légion Etrangère .
        S'ils le savaient , ils ravageraient tous les villages entourant cette immense forêt dans laquelle ils n'osent plus s'aventurer , même appuyés par des chars et des avions . Et puis ou est-il ce commando insaisissable .
        Braco a réussit a les affoler en attaquant simultanément des objectifs  pourtant   éloignés les uns des autres mais ses hommes marchent vite  . Et leur trouble augmente quand ils entendent un  grand type employer des jurons allemands avec un accent bavarois prononcé ! Un ennemi politique de leur grand Führer ? Ils n'osent le penser , ils n'osent le dire mais a la Kommandatur on commence a le penser sérieusement . D'autant plus qu'un planton murmure qu'il a reconnu le mayor disparu mystérieusement et dont il était l'ordonnance
        Le Colonel allemand est troublé par cette découverte et se souvient que certains officiers de son Etat Major avaient douté de la disparition réelle du Mayor conte Von Berendorff , le neveu de ce vieux Maréchal Bavarois . Et si c'était lui ?
    Son esprit formaté par la propagande nazie a un certain mal a admettre qu'un officier de la Grande Allemagne puisse se retourner contre son pays . Pourtant il sait qu'un complot hourdis par des officiers supérieurs a manqué de peu Hitler . Le nazisme commence a se fissurer .
       
        Dans la combe sauvage , les filles ont maintenant un quasi hôpital de campagne , invisible du ciel , avec tout le matériel nécessaire . Le commando a détacher ceux qui savent creuser la roche , aménager les sols et luxe suprême la découverte d'une deuxième source a été dérivée vers un réservoir qui distribue l'eau dans les grottes .
        Mais l'arrivé des homme a déclenché dès la première nuit des ébats amoureux dans tous les buissons . Heureusement Braco qui se doutait de ce qui allait arriver a détaché autant d'hommes qu'il y a de femmes dans ce camps . La discipline du commando a prévalu .
        Ce matin quand le jour s'est levé tout le monde est au travail . Maya , la Tunisienne a pris naturellement l'organisation du travail et sa forte personnalité lui confère une certaine autorité sur l'ensemble , hommes ou femmes . Cette nuit elle s'est abstenue volontairement de satisfaire un homme mais les autres femmes ont su contenter tout le monde .
        Maya se réserve , elle a son idée en tête , même si il a au moins quinze ans de plus qu'elle , Braco lui a fait un tel effet que son abstention de cette nuit lui semble très naturelle . De son coté , l'homme sauvage , le grand Braco , n'a pas regardé sans déplaisir , un sein qui voulait s'échapper du corsage de la belle . Car Maya est belle et l'absence de soutien-gorge provoque un mouvement léger , mais troublant , de ses seins lourds .
        Alors , elle l'attend . Non , elle va aller au devant de lui . Elle sait qu'il doit venir ce soir pour mettre au point ce qui doit devenir une base arrière , solide , cachée de l'ennemi , ou le commando ne se retirera qu'en cas de découverte de sa première base . Elle sait aussi qu'il viendra seul , Fred devant rester avec le gros du  Commando C .
        Elle s'assoit au pied d'un grand chêne et regarde jouer les lapins que le nuit tombante a fait surgir des fourrés . Toutefois d'un oeil elle surveille la trace qui monte vers la combe . Une trace , pas un chemin . Bien que cela ne soit pas très confortable pour la marche , Braco a dit "Pas de chemin" . Utilisez les traces des grands animaux mais ne créez pas de chemin . Attention a l'observation aérienne des "mouchards " allemand  . Ces avions vont tellement lentement que l'observateur peut déceler le moindre cheminement .
        La nuit tombe et il n'arrive toujours pas . Elle est nerveuse , anxieuse . Et s'il avait pris une autre trace . Son désir augmente de minute en minute . La pointe de ses seins devient dure . Ses cuisses s'ouvrent instinctivement .
        Toujours aucun bruit lui indiquant une approche . Et soudain elle manque hurler . Une main s'est posé sur sa bouche et l'autre lui prend un sein . C'est lui !
        Ils rient de sa frayeur et Braco la gourmande de l'avoir attendu au pied de cet arbre , trop visible pour n'importe quel étranger qui aurait pu parvenir dans cette jungle .
        Cette nuit ma belle , tu vas faire l'amour avec un vieux , dans notre monde de fous un gars de cinquante ans c'est un vieux . Elle a beau se frotter a lui , il la repousse gentiment ....cette nuit Maya , cette nuit ... tu sais qu'ils m'attendent pour une dernier mise au point, les derniers détails de l'installation de cette base-infirmerie .
        Déçue , elle le suit , sachant tout de même qu'elle aura cette nuit ce qu'elle attend avec impatience . C'est comme un coup de tonnerre dans sa vie , elle l'aime , elle sent qu'il va l'aimer . Et quand cette guerre sera finie ,ils vivront ensemble . A aucun moment elle n'a envisagé qu'un des deux pouvait mourir , peut-être les deux ....... Non elle le veut ce rêve de bonheur , la revanche de cette dramatique vie antérieure . Elle n'a plus de famille , elle est seule , la fameuse rafle du Veld'hiv lui a enlevé les siens . Elle pense qu'ils sont morts , elle le sent . Braco a parlé des camps de concentration , des fours crématoires . Lui sait ...... elle le suit dans cette broussaille en aillant soin de suivre les coulées des grand s animaux .
       
        Braco sous ses dehors de vieux traînard des bois est en réalité bien moins vieux que son attitude , surtout en public , le laisse supposer . Tromperie volontaire que Camerone et Germain ont vite décelé . En réalité , Braco ou si voulez le Commandant  Martin du PONTY , l'as du Contre-espionnage Français , avait été mis en "sommeil" dans cette région . Personne , au moulin ou dans le Commando C , n'avait réellement compris sa situation . Seul Camerone savait mais n'en parlait pas . Il avait bien joué son rôle et qui pouvait penser qu'avec Braco ils formaient une cellule de l'Espionnage Français . Ces deux hommes dépendaient maintenant des services du Général de Gaulle , rattachés provisoirement aux services secrets Anglais !
        Camerone est plus vieux que Braco et n'est plus vraiment un agent actif , c'est l'observateur , le refuge de cette cellule ; après les fontis , mais il n'est pas question de griller le moulin et les émissions vers Londres se font toujours de points hauts dans la forêt..... jamais les mêmes ....... ce qui doit rendre "chèvres" les gonios allemands .

        Subitement Maya n'en peux plus , elle sait qu'ils sont en avance pour la fameuse réunion . Alors elle le rattrape , s'accroche a lui , le déséquilibre et se couche sur lui , elle n'en peux plus , elle a besoin de faire l'amour , elle lui passe ses seins sur son visage , elle se débarrasse de ses vêtements ....... il ne résiste plus ! C'est un rut de bête sauvage , ses cuisses sont ouvertes , il la pénètre presque avec violence , elle hurle de plaisir ......depuis le temps qu'elle attendait ce moment !

        Braco se relève , la relève , sans rien dire , sauf dans un souffle ...."cette nuit ce sera mieux" ...... elle aurait pourtant voulue qu'il la reprenne , là , tout de suite . Elle soupire mais le suit , ses jambes la soutenant plus difficilement . Mais elle reprend vite un bon rythme car Braco n'attend pas .

        Après une belle nuit d'amour , Braco redescend retrouver le Commando C , il sent que sa vie vient de prendre un tournant car il aime cette fille . Il n'aura plus l'esprit aussi libre , il aura peur pour elle , peur qu'elle se blesse ,  toutes les peurs habituelles d'un homme pour sa compagne isolée dans un milieu hostile .
        Fred l'attendait . Il lui fait part des ses inquiétudes , une Division SS remonte de Normandie ou elle a été sérieusement étrillée . Sur sa route , elle brûle , elle assassine , elle viole , rien ne résiste a leur fureur .........
     ...... ces hommes sont des bêtes sauvages dit Fred et plus grave elle suit un axe qui la fait passer par le village .....
    -prend dix hommes , les meilleurs et vite ,  fonce au moulin répond Braco , encore plus inquiet ..... pendant ce temps je vais rassembler le reste du commando avec de l'armement lourd et nous vous suivrons a une demi-heure !
        Quatre heures , Fred et ses  hommes sont en lisière de la foret ....... la haut , sur la colline , le moulin brûle , on entend des hurlements de douleurs !
        Ils ont tous compris , ils serrent les dents et Fred dit  a son tour - aujourd'hui il n'y aura pas de prisonniers !
        Le moulin brûle mais les teutons , ont sortis les chaises , les fauteuils, le canapé et surtout les tonneaux et les victuailles , au milieu de leur cercle , une femme hurle , ils lui brûlent les seins avec leurs cigarettes et la violent . Dans ses jumelles , Fred a reconnu les vêtements de Camille . Aucun indice de la présence de Michèle , par contre le cadavre de Germain est embroché sur la porte de la vieille grange . Le meunier semble coupé en deux . Une rafale de pistolet-mitrailleur sans doute .
        Fred dénombre sur la pente , sept a huit cadavres  de boches.Les hommes du moulin ont vendus chèrement leur peau mais aucune trace de Michelle .
        Il ne veut pas attendre Braco car ils pensent qu'il peut encore sauver Camille . Les soudards ont tout de même laissé deux sentinelles . Les commando anglais vont s'en charger . Le but est de les surprendre , qu'ils n'aient pas le temps de reprendre leurs armes . Sur un ordre bref de Fred , les hommes foncent au pas de course en hurlant , voyant des hommes en uniformes anglais , les SS lèvent les bras en vain - pas de prisonniers a dit Fred - les armes crachent et vident leur chargeurs sur ces monstres . Un seul échappe a cette charge car il était couché sur Camille , un commando le relève et enfonce sa dague dans ce ventre nu , plusieurs fois , méthodiquement mais pour finir a pitié de lui , et lui enfonce dans le coeur .

        Le calme revient . Mais c'est trop tard pour Camille , elle meurt dans les bras de Fred . Elle a été torturée , Germain et Camerone ont subit le même sort . Mais Michelle n'est nulle part . Nulle part . Tragiquement nulle part !
       
        Braco arrive , il a compris bien avant d'être sur place . En bas de la butte ,le village flambe , des cadavres partout . La Division SS poursuit sa route en évitant soigneusement de traverser la forêt mais les chasseurs -bombardiers alliés - les Jabo comme ils les appellent - ne vont pas tarder a l'obliger a le faire . Il a pu pendre contact avec le commandement allié . Il sait qu'une petite colonne mécanisée monte vers lui et qu'on lui demande de retarder les allemands dans la traversée de la forêt , en dehors de la zone habitée . Il est militaire , il doit obéir et pourtant il voudrait rester ici pour rechercher Michelle .

        Fred va rester sur place avec quelques commandos , en particulier les deux anglais qui semble avoir le sens de la traque , de la recherche d'une piste .De la piste de Michelle mais aussi de la bête des fontis ........

        Braco et le Commando C , gagnent la forêt et par des chemins qu'ils connaissent maintenant parfaitement , deux heures après ils sont sur les hauteurs qui dominent la route au lieu dit le Saut du Loup . C'est extraordinaire comme les loups sautaient au temps des diligences  . Des lieux dits ainsi il y en des milliers en France .
        Robert devenu un vrai coureur des bois sait traduire tous les bruits de la forêt . Subitement il s'arrête et impose le silence au groupe . Les oiseaux ne se taisent plus sur leur passage mais tout intrus les fait taire et le silence soudain est chargé de menaces . Des hommes qu'ils n'avaient pas encore vus , apparaissent en bas sur la route . On n'entend aucun bruit de chenilles , pourtant les chars lourds , les Tigres et les Panthers ,     devraient en faire .
        Les hommes qui passent là en bas en traînant leurs bottes n'ont de SS que l'uniformes . Généralement des pauvres types ramassés par les SS , en Roumanie , en Pologne et mêmes en France . Ils leur servent de domestiques et de boucliers au besoin . N'entendant pas les chars, Braco a compris . Les SS envoient en avant ces pauvres types et s'ils n'entendent pas de tirs , les chars décollent .
        Il les laissent donc passer et positionne son groupe lourd qui vient de le rejoindre avec les nouveaux matériels dont les anglais les ont rééquipés .
        Les teutons pensent qu'ils risquent d'avoir affaire a de simples maquisards , généralement mal armés . Dont ils ne craignent que la surprise car protégés par la carapace de leurs monstres d'acier ils se sentent peu vulnérables . Les moteurs sont mis en route et les panzers commencent a rouler . Toutefois les "Tigres" sont malhabiles sur cette route ou les "Jabos" les ont obligé a se réfugier . Virages serrés , revêtements absents mais les monstres s'en fichent quand le chemin est assez large mais il se rétrécit dangereusement en montant vers le Saut du loup . Les pilotes font des miracles pour se maintenir sur le chemin et ne pas verser dans la pente le côtoyant . Les moteurs commencent a chauffer . Les embrayages sont massacrés mais lentement la colonne avance .

        Braco entend le bruit des chenilles , ses hommes sont en place, calmes , sures  de leur bon droit . Le droit de détruire ces monstres , hommes et machines .
        Soudain , sur un ordre bref , les premières chenilles sautent immobilisant les chars de tête , la colonne anglaise arrive en face par le chemin indiqué par Braco et met ses antichars en batterie . Les combats vont durer toute la nuit . Au petit matin plus rien ne bouge sur le chemin . Des odeurs atroces de chairs brûlées mêlées a celle du caoutchouc qui fond n'engagent pas les commandos a descendre voir ce qui reste de cet erzat de division blindé , déjà réduite avant les combats  a bien moins d'un régiment .

        Le groupe a pied a été vite rattrapé . Ces pauvres gars partent maintenant vers un camp de prisonniers . Braco explique au Colonel anglais ce que sont réellement ces hommes . Sans lui , ils seraient déjà tous tués .Les tommies qui suivent cette horde SS depuis un moment ne sont pas spécialement enclin a faire des prisonniers .
       
        Au petit jour Braco remonte rapidement vers la butte du moulin . Il sait qu'il va retrouver l'horreur , il sait que son ami Camerone ,le meunier , est mort , il sait que les autres occupant du moulin ont tous été tués par les S.S . Mais on n'a pas retrouvé le cadavre de Michelle . A-t-elle pu s'échapper a temps ? Il pense aussi a Léna , sa belle panthère , la bête noire des Fontis dont il n'a entendu aucune manifestation . Son cri rauque l'aurait rassuré .
        Fred lui dit qu'il est descendu au village , fouillé les bois alentour sans trouver aucune trace et qu'il s'apprêtait a pénétrer  dans les fontis . Aucun survivant au village , les filles qui couchaient avec les allemands ne serons pas tendues comme souvent ailleurs . Non , les SS ont torturé , violé , avant de tuer et de brûler les maisons au lance-flamme ! Il y a peu de chance qu'il y ait un ou des survivants .
       
        Mon vieux Fred , je crains bien qu'il n'y ait aucun survivant non plus de ces monstres , a l'exception des pauvres gars qu'ils avaient enrôlé de force pour en faire leurs esclaves .Je suis désolé mais je n'ai pu retenir mes gars , comme le Colonel de la colonne anglaise , qui , sur son chemin a découvert les monstruosités des SS.  "

        Les deux officiers se regardent et Fred répond :
    - je sais ce que tu penses Braco , nous n'avons appris , ni l'un ni l'autre a tuer ainsi , nous avons appris a respecter l'ennemi qui se rend , mais ceux là ne sont pas des hommes , ce sont des bêtes et encore...... certaines bêtes ont des règles ! En lançant mes hommes a l'assaut du moulin j'ai hurlé "Aujourd'hui il n'y aura pas de prisonniers " et il n'y en a pas eu !
    - moi je ne crois pas avoir hurlé cet ordre , mais le commando avait compris .       
       
        A ce moment le Colonel Morris , le patron de la colonne anglaise  , arrive avec des officiers de son Etat-Major .
    - Colonel Martin du Ponty , je viens me mettre a votre disposition sur l'ordre du Général.......
    - Mais Colonel je ne suis pas colonel.......
    - Si dans les armées de sa Gracieuse Majesté ......
    -  Sir , voila encore un sac de noeuds qui s'annonce avec l'Armée  Française ......
    - non , vos chefs a Londres se sont entendu avec nous , vous avez le même grade dans l'armée Française ainsi que le Capitaine Marin .

        Mais pour Braco , le plus urgent, c'est de retrouver , de savoir au moins ce qu'est devenu Michelle . Braco explique a Morris les risques des Fontis , seul endroit que Fred n' a pas encore fouillé . Morris pour pouvoir accompagné Fred et Braco leur explique qu'il connaît bien les fauves , côtoyés aux Indes .
        Ils s'engagent tous les trois avec prudence dans les fontis . Soudain au détour d'une coulée , des traces de pas , nombreux .
    Et là , dans un buisson un soldat teuton , gorge ouverte , torse  déchiré par des griffes acérées ...... en continuant le chemin , d'autres traces , encore lourdes mais aussi incontestablement des pas de femme .....
        Plus loin encore , deuxième cadavre allemand , toujours atrocement mutilé , égorgé par la bête .......

    - si Léna a tué ainsi c'est qu'elle défendait quelqu'un , si non elle aurait fuit dit Braco , je pense qu'elle défendait Michelle

        Sans trop y croire , les trois hommes continuent leur chemin mais Braco est inquiet car il pense que sa bête , sa belle panthère noire , aurait déjà du se manifester . Ils ne tardent pas a comprendre le drame qui s'est jouer dans les fontis après avoir retrouver trois autres cadavres .
        Sous un arbre , adossée au tronc , Michèle caresse doucement la tête de Léna , blessée a balles en plusieurs endroits . La bête blessée en voyant Braco , redresse la tête ,un son très doux sort de sa gorge , elle le regarde fixement puis la tête retombe inerte , la bête des Fontis est morte . Michelle pleure doucement sur le corps de celle qui s'est battu pour elle .
        Les trois hommes , la gorge serré , se redressent et se mettent au garde-a-vous et saluent la panthère .                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          
        Mais Braco n'en peut plus , il pleure , prostré sur le corps de Léna .. C'était comme sa fille celle qu'il pleure maintenant .

        Le corps de Léna a été ramené sur la butte du Moulin . Elle est enterrée avec Camerone , Camille et Germain dans le vieux jardin sous le grand tilleul .
       
        Quelques années  après  une cérémonie a eu lieu , devant les, anciens du Commando C  et d'une compagnie d'un  Régiment de la Légion Etrangère , dont le fanion tout neuf représente une panthère noir sur fond blanc .
        Ce bout de jardin a été décrété Territoire militaire et sur le drapeau Français qui monte au mat , se détache la silhouette de Léna .
        La sonnerie aux morts , dont les notes  déchirantes raisonnent douloureusement dans le vent du Nord , accompagnent la remise de médailles a titre posthume pour Camerone et les siens ainsi que Léna .
         La bête des Fontis restera pour toujours un exemple de courage et Michelle pleure doucement sur l'épaule de Fred . A coté d'eux , le Général Martin du Ponty , que certains appellent encore Braco , a du mal a retenir ses larmes .

        Aujourd'hui , sur la butte du Moulin Léna , ce moulin  qu'il a fait reconstruire , un vieux monsieur , soutenu par sa femme plus jeune , dépose des fleurs sur la tombe de ses amis . Fred Moulin n'a jamais repris son vrai nom , naturalisé Français il a épousé Michèle seize ans plus jeune que lui .
       
        Sur la porte du Moulin Léna on lit en lettres blanches sur fond noir " La Liberté ou la Mort ".


        C'était la Légende de la Bête des Fontis du Pré au loup , dit-on , mais moi je crois qu'elle a réellement existé et quand je monte a Saint Witz , le long des Fontis il me semble l'entendre me suivre .......



    Les Fontis existent réellement , ils se situent de par et d'autre du chemin qui part de la corne sud-est du stade de foot de Survilliers et monte jusqu'à Saint Witz . Sont-ils toujours dangereux , je n'en sais rien . Ils sont le résultat d'effondrement des galeries souterraines de la mine d'extraction  de pierres a plâtre dont l'entrée se situait sur le chemin qui prenait derrière l'église sur la route de Plailly . En gros , a l'emplacement de l'autoroute A1 . En 1870 , il y avait , parait-il , des loups dans ces fontis qui auraient attaqués des Prussiens égarés . Renseignements transmis oralement par mon grand-père Achille Rigaut depuis des documents que détenait Monsieur Gruyer , un érudit du village . Les archives de ce monsieur Gruyer qui vivait seul ont sans aucun doute été brûlées a sa mort .




     


    7 commentaires
  •   LE FANTOME DU VIVIER.......
        Apres quelques coups de sifflets rageurs , crachant de la vapeur de chaque coté de la voie , le "Tortillard des vaches" comme l'appelle  mon copain Robert , entre en gare de T.... -en-Campagne .
        Elle mérite bien son C majuscule cette gare un peu bancale a la suite d'un bombardement par erreur de la dernière guerre . Un peu rafistolée par la  SNCF qui l'a prise en charge a la Libération , la propriétaire ayant été nationalisée du fait de sa collaboration active avec les "Vert de gris" .
        Comme le pays est entouré de forêts , personne ne sait d'où vient ce "Campagne". Ce dont le visiteur que je suis , faisant avant tout attention a ne pas s'étaler sur ce quai "rafistolé" , se fiche pas mal .
        Robert m'attend sous la marquise , rafistolée elle aussi , et m'entraîne en riant vers sa vieille citroen , superbement rafistolée qui démarre avec des "borborygmes" inquiétants .....sauf pour lui ......se terminant en explosions violentes .
        Trente ans après la fin de la guerre , il y a encore des traces du bombardement dans le village et ses abords . Personne n'a jamais su l'origine et la raison profonde de cette erreur . D'après Monsieur le Maire c'est encore un de ces planqués a Londres qui a du voir une meule de paille suspecte sur une photo aérienne . Interprétation funeste ayant déclencher la punition du BomberCommand a l'aide d'une paire de Libérator .
        Apres un virage serré qui a fait grincer les amortisseurs, tout du moins ce qui en reste , mon pote rentre dans sa propriété par une grande porte un peu vermoulue . Coup de frein brutal,qui aurait pu m'achever , devant le la porte de sa grande maison bourgeoise .
        Je descend presque flageolant de cette voiture de torture , juste a temps pour m'incliner devant son épouse . Il faut dire que cet animal m'avait fauché Hélène en rentrant d'Algérie six mois avant moi . Avant cet accident de parcours - l'Algérie -  dans notre vie bien calme elle avait été notre maîtresse alternativement . Je ne sais pas lequel de vous deux choisir nous avait-elle avoué avec aplomb .
        Robert a hérité de la fille mais ce qu'il ignorait totalement c'est qu'il allait aussi hérité de la propriété de l'oncle de la belle . Sacré surprise pour les tourtereaux , l'oncle en question ayant déshérité ses enfants a leur profit . Les histoires de famille sont parfois atroces mais celle-ci s'est réglé sans risque pour eux par la disparition des deux cousins dans un accident d'avion .

         Nous passons derrière la maison pour rejoindre sous une joliette leur seule fille , en chaise roulante , suite a un accident de cheval . En moi-même je me dis qu'il est dangereux d' appartenir a cette famille . Superbe fille , jambes nues bronzées mais devenues inutiles , abondante chevelure d'un superbe blond vénitien , elle vient d'avoir ses seize ans .
        Le quinqua célibataire que je suis sent son coeur battre mais se calme aussitôt en considérant la situation .
        Présentation faite , elle me demande de s'asseoir a coté d'elle avec  ce sourire qu'avait sa mère au même âge . Elle est belle ma fille , me dit Robert en me regardant fixement . Puis il éclaté de rire - fait attention Angélique cet homme est un prédateur ! Elle me regarde avec un sourire ironique puis , pose sa main sur mon poignet - faite attention je suis une vrai panthère ......
    ....enfin j'étais , ajoute-t-elle avec un regard devenu triste .
        Puis heureuse de ma présence elle me raconte que son père affirme avoir vu un fantôme autour du vivier proche de ma porte fenêtre ! Elle en rit mais Robert insiste pour que les volets soient soigneusement clos .
    Un bruit dans la nuit vers les poissons .Je me précipite tout de même près du vivier , au risque de me planter dans le bassin , vu la quantité d'alcool obscurcissant mon cerveau . Je suis tout de même assez lucide pour me rendre compte que l'herbe ,a été  foulée légèrement . C'est frais , j'ai donc pas rêvé . Je regarde autour de moi , cherchant un autre indice . Rien , si labas , au fond du parc , une ombre se  déplace dans le hallier ! Tout du moins il me semble .
        Je rentre me recoucher , un peu troublé peut-être .
        Au matin , c'est Angélique qui me réveille , maniant son fauteuil avec une agilité extraordinaire . Elle porte une longue chemise de nuit qui cache ses jambes mais laisse deviner sa juvénile poitrine . Gamine , faut pas exciter le vieux loup car comme dit ma grand-mère " chauffe un marron , tu le fait craquer " . Et le vieux loup peut craquer .....!
        Elle se sauve en riant . Je m'habille et rejoint la famille sous la gloriette ou la vieille Maria a servit le café . Je suis le seul habillé , Robert est en pijacourt et Hélène est troublante dans une chemise de nuit aussi légère que celle de sa fille qui montre parfois ses seins dans un entrebâillement coquin .
        Me voila bien , entre une ancienne maîtresse et sa fille qui me rappelle nos vingt ans .
        Je raconte mon aventure nocturne , qui inquiète Robert et Hélène et fait rire aux éclats Angélique . Papa dit-elle , marc ne tiens pas l'alcool de " che nous" et bientôt il va voir des fantômes partout . A  l'eau le parisien ajoute-t-elle en riant Cette nuit je monte la garde dit-il . Avec toi répliquais-je !
    mais vous allez faire fuir le fantôme s'exclama Angélique !
        Angélique ne me quitte pas depuis ce matin et Hélène viens souvent nous rejoindre . Elles sont toutes les deux en short qui découvre leur magnifiques cuisses . Elles m'entraînent sous les frondaisons du parc . Nous tombons sur Robert en train de poser des pièges . Nous hurlons tous les trois , non Robert , si c'est un braco tu vas le mutiler inutilement . Ce n'est tout de même pas pour deux ou trois poissons qu'il va soustraire de ton vivier. Tu n'as pas le droit de faire cela . Il se rend a nos raisons et ramasse ses pièges sous les regards inquiets des deux femmes .
        Rassurés nous continuons notre promenade . En poussant le fauteuil d'Angélique je sens parfois se cheveux qui frôlent mon visage et l'odeur troublante de sa peau . Hélène ajoute a mon trouble en serrant mon bras libre contre son léger tee-shirt ou je sent la forme et la chaleur de son sein .
        Robert nous rejoint , Hélène lâche mon bras pour prendre celui de son mari . Nous ne parlerons plus du fantôme de toute la journée . Ce soir avec Robert nous sommes aux aguets . Angélique a obtenue de laisser ses volets
    entre-ouverts - pour voir le Fantôme - dit-elle . Ce soir avant de rejoindre sa chambre , pour me souhaiter une bonne bonne nuit , ses lèvres se sont posées très proches des miennes .
      
        Cela fait maintenant cinq nuits que nous guettons a tour de rôle , rien , toujours rien . pas la moindre trace d'un ectoplasme quelconque . Déçus et fatigués....d'avoir ingurgité pas mal de gnôle a 70 ° - ils ne savent pas produire moins fort nos champions locaux de l'alambic - nous décidons d'arrêter .
        Bien entendu les mises en boite d'Angélique se multiplient . Nous ne pouvons plus rien dire avec Robert sans que notre santé mentale soit mise en doute . Même Hélène , la traîtresse lui apporte son aide . Robert est désabusé et commence a croire qu'il n'a jamais rien vu .
        Je ne me sens pas battu et des idées folles me passent par la tête . Pourtant en analysant froidement , je ne vois pas Maria voler au dessus des nénuphars , Angélique ne peut pas marcher ...... Hélène somnambule ? Non, Robert s'en serait aperçu . Pourtant je sens un mystère dans cette maison .
        Mais quoi , je ne crois pas au revenant . Une voisine ? Elles sont toutes d'un âge canonique et c'est tout de même pas Gertrude , la bonne du curé qui viendrait danser a la lune comme les petits lapins du parc .
        Alors fait comme les autres n'y pense plus et essais plutôt d'éviter 
       Un oiseau de nuit hulule dans le parc . J'aime l'entendre . Mais je sens comme un frémissement près du vivier ....... il est là ...... forme blanche comme dans les films d'épouvante ...... je m'approche en oujours cette interrogation c'est qui ?
    j'approche ......il est  là .... je me lève et lui saute dessus ! Et je me retrouve au sol tenant entre mes bras un mannequin de paille dans une aube de communiante .
        Un rire sonore éclate dans l'allée principale du parc et une forme fuit a toute allure . Je suis  fou de rage de m'être ainsi laissé berné .
     
        Je m'assois décontenancé sur la margelle du vivier et je sursaute . Deux bras dont je connais  l'odeur m'entoure , une douce poitrine s'appuie dans mon dos et des lèvres avides couvrent ma nuque de baisers . Je suis sans force , comme dans un rêve . Elle m'allonge sur  le gazon et se couche sur moi . Angélique m'explique qu'elle marche a nouveau depuis trois mois et qu'elle n'a rien dit a personne ne voulant pas retourner finir ses études en Angleterre . C'est dingue , c'est  son masseur, kinésie et surtout rebouteux qui a découvert qu'elle pouvait marcher a nouveau mais n'a rien dit non plus . Depuis son accident , les médecins espéraient qu'elle remarcherait un jour .
        La petite panthère s'active avec fougue , je n'arrive pas a résister a cet assaut amoureux . J'ai beau me dire que j'ai pas le droit , je la laisse faire et nous nous endormons , l'un dans l'autre , épuisés par sa découverte de l'amour physique .
        Le lendemain matin , au petit déjeuner , elle se décide a dire la vérité et c'est une ambiance de fête , personne ne songe a lui reprocher cette cachotterie . Il n'y a plus de fantôme du vivier .
        Pourtant si ! Toutes les nuits deux ombres se rejoignent , sous la lune , a la mare aux nénuphars .

        Cette histoire est réelle .Bien entendu j'ai changé les noms . C'est Marc qui me l'a raconté . Deux ans après cette aventure ils se sont mariés , fou l'un de l'autre , malgré cette énorme différence d'âge . L'attitude de Robert a été assez violente a la découverte de cette aventure mais elle fut tempérée par Hélène .
          Aujourd'hui comme Robert et moi , Marc a prés de 75 ans et sa petite panthère la cinquantaine . Elle est toujours en admiration devant son "prédateur" qui lui a fait deux beaux enfants . Je leur rend parfois visite et Ange m'avoue qu'elle ne le voit pas vieillir et qu'elle l'aime toujours avec autant de force , même si la tendresse a pris le pas sur l'amour physique .
        On le sent épanoui  et heureux ....... le fantôme du vivier .

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  • Jimmy le para , la belle gueule de la Bastoche est morose ce matin . Son Patron , ancien para comme lui , veut mettre au repos pendant quelques temps ses deux panthères , Sophie et Mélanie . Du fait de la relation très étroite de l'Officine de Protection de VIP et les Services Secrets a qui elle rend bien des service , le Service Action va leur prêter deux filles . Des jeunes donzelles qui débutent dans le métier d'espionnes .
    Et comme on dis a la Bastoche , il tire une tronche a rendre morose un régiment de jeunes mariées .......écoutons le , marmonner dans la barbe qu'il n'a pas......

    - Gérard ,c'est pas possible , t'as vu comment elles sont gaulées , elles passeraient derrière une affiche sans la décoller !
    - mais non Jimmy c'est du tout nerveux , comme des petits fauves , tu vois le muscle que quand elles s'en servent .....tiens les voila .....Mais Jimmy tu a tort ces filles là c'est de la dynamite . Un seul défaut pour le baston , elles ont des cheveux longs ....
    - je leur ferais couper ....
    - moi je suis Muriel , je suis blonde mais pas blondasse et toi le beau mec tu ne me feras pas couper mes cheveux .....
    - moi non plus hurle la presque brune , moi c'est Léa et on ne touche pas a mes cheveux...... mais a part ça nous obéissons au quart de tour....
    Jimmy n'as pas tout de suite compris la suave manoeuvre des  deux beautés qui se placèrent en un éclair de chaque coté et le retournèrent comme une crêpe bretonne au blé noir un jour de fest-noz..... (pardon aux bretons pour l'orthographe ).....
    Il y eu comme un grand silence , le silence des cathédrales quand il ne tombe pas de pierres des voûtes.....
    Gérard regarde Jimmy se relever, rouge , écumant presque , et se dit ,  il va exploser , il va exploser , il va....rien du tout , un grand rire secoue Jimmy....
    - mes poulettes vous m'avez convaincu , bien que vous m'ayez pris par traîtrise ....on couperas pas les cheveux !
    Ayant caresser le petit cul de Muriel , qui en ronronne de plaisir , il prend l'autre par la taille et les deux filles lui plaque un poutou sur chaque joue ....
     Gérard est hilare , il a enfin vu Jimmy se faire terrasser par deux souris......c'est un moment historique dont on se souviens .

        La nuit commence a tomber sur la capitale mais les réverbères ne lui en laisse pas le temps .... une petite pluie fine les accueillent en bas de l'immeuble mais le café de Linette n'est pas loin et Jimmy veux présenter ses nouvelles équipières a sa femme . Bien entendu Sophie et Mélanie sont invitées et l'auvergnat viens faire la Fête avec eux après avoir fermé le café . Il adore Jimmy et les filles ...chouettes deux de plus dit-il en appréciant les appâts des deux filles en connaisseur . Surtout que la pluie les dessinait avantageusement ces appâts .
        Vers une heure du matin ils récupèrent le petit copain de Sophie , commissaire  a la P. J . un as .
        C'est a ce moment là que le percolateur explose , crachant sa ferraille dans le bar ....heureusement ils sont déjà tous dans l'arrière salle .    Après un moment de stupéfaction , Doumi la terreur , autrement dit le Commissaire Principal Dominique Palombia , hurle a en faire péter les quelques carreaux  qui restent  ...c'est ma peau qu'ils veulent ....les copains a Rocky , la nouvelle terreur de la banlieue que j'ai arrêté il y a deux jours.....
        Après explications et deux nouvelles roteuses pour se remettre de leurs émotions ....La cavalerie arrive a grand renfort de sirènes ....
        Laissant la cavalerie faire son travail , c'est un repli stratégique sur les locaux de Gérard .....les filles papotent dans la salle de conférence et les mecs , les julots , les homme quoi , échafaudent un plan pour punir Rocky ! Ce tordu , Doumi n'as pas de prise légales sur lui....mais Gérard , avec un sourire sardonique......Doumi , nous la légalité , on s'en arrange et les Services Secrets aussi ......nous allons te le mater ton cador américain ....!
    - mais dis nous , comment un yankee est-il devenu chef de bande dans la Seine-Saint Denis ?

     - c'est assez simple , une Go fast , ces voitures rapides qui transportent la drogue est tombé en panne a la Plaine St Denis , dans le tunnel , on la retrouvé vide . Plus de drogue , mais un cadavre ! Comme ils sont toujours deux , l'autre est parti avec la drogue ...... la fortune de Rocky .....cherchez pas c'était lui le deuxième convoyeur !
    - ce qui est plus étrange c'est qu'il soit toujours vivant.....
    - ou que le reste de la bande se soit faite dézinguée dit Muriel en rentrant dans la pièce....quels sont ses protection a La Plaine ?
    - une misère répond Doumi , un quinzaine de jeunes , mais des teigneux remontés de Marseille , avec des kalas pleins les bras et des pétards qui n'ont rien a voir avec ceux du quatorzejuillet !
    - le seul problème pour nous , pour agir , c'est la maréchaussée
    dit Léa en s'asseyant sur les genoux de Jimmy ....
    - tu vois Jimmy ,nous commençons a faire bloc .....
    - c'est vrai que tu as l'air de plus en plus intime avec tes minettes dit Gérard en riant de l'air étonné de Linette ... seulement un petit peu étonnée......
    - Jimmy tu m'as trompé avec les deux premières tu vas pas recommencer avec elles ......
    - mais si , mais si , dit Muriel en prenant Linette par la taille ...
    - bon revenons aux choses sérieuses....grommelle Gérard ......cette bande occupe une friche industrielle , des vieux entrepôts pas très loi du canal et de là sème la terreur sur les cités .....c'est ça Doumi
    - tout a fait.....
    - et nous les filles nous allons les attirer dans des pièges ....a con ....mais il faut écarter la maréchaussée si non ils ne ne bougerons pas et surtout ils ne se disperserons pas.....
    - o.k les filles.... go...

        Quelques jours plus tard , le petit cul de Muriel , fait des ravages dans la libido de deux rombiers de la bande a Rocky , libéré pour faute de preuves .....
        Muriel s'engage entre deux hangars désaffectés , sur le bord du canal , Léa surgit et d'un tranchant de la main abat sans un bruit  l'un des deux gus , que Jimmy balance dans le canal....le premier se retourne et sourit étrangement en s'affaissant ......et de deux susurre Muriel a Jimmy , avant de lui rouler une pelle comme le faisait souvent Mélanie .
        Inquiétude dans la bande qui cherche en vain les deux mecs ....mais ce n'est que le début du plan des deux filles . Car elles vont tenter un coup fumant . Sans méfiance , Rocky , l'amateur de belles plantes , veut les respirer de plus près et les introduit dans son antre . Elles vont déclencher une orgie incroyable . Allumer la bande , donner un peu sans jamais donner tout . Elles les rend fous , les font boire , beaucoup trop , sauf Marco le vieux de la bande . Lui , il a fait toutes les guerres , et surveille les deux amazones . Léa réalise , le prend par le cou , et bizarrement , Marco s'endort . Non ,Marco est mort mais personne s'en aperçoit . Et chacun s'exclame devant la cuite de Marco . Ce vieux con ne tiens plus la distance dit Rocky .... qui s'affaisse a son tour et s'endort aussi dans les bras de Léa .....qui murmure a l'oreille de Muriel " et de quatre " !
        Toutefois elles réalisent que certains gus commencent douter , a secouer Rocky . Leurs regards s'inquiètent et  interrogent .....
        Elles quittent le hangar rapidement , elles fuient car maintenant on entend des exclamations ...."les salopes" !
    Mais le piège des nouvelles louloutes a Jimmy , va se refermer sur la bande . Jimmy surgit , balance ses deux grenades a gaz , qui les paralysent .
        Sirènes dans la nuit , arrestation de toute la bande , ceux qui en reste ! Les poches pleine de drogue , plus le stock planqué dans le hangar , ils ne sont pas près de se bronzer au soleil de la Côte d'Azur .
        Jimmy est rassuré , ses deux nouvelles souris , avec des armes différentes des anciennes sont plus dangereuses qu'un cobra . Qui pourrait le penser en regardant ces cuisses superbes ,ces petits seins haut placés et ces sourires si lumineux . C'est assurément ,la tête et les jambes .
        Et cela s'est fait presque dans la légalité......dit Doumi . iI y a bien deux suicides dans le canal et deux morts inexpliquées mais naturelles dans le hangar !
        Les nouvelles espionnes , lui réplique Jimmy, avec un regard ému sur ces filles si belles et si efficaces.
        Première aventure avec les deux nouvelles ,un coup de maître dit Gérard.....mais tout de même ces cheveux c'est un peu long pour le baston .
        A ce moment , les deux pucelles surgissent , en minijupes , offertes par la boutique de mode de Mélanie et surtout la grande surprise ......
        Elles ont coupé leurs cheveux ....c'est mieux pour le baston , leur ont dit les anciennes .
        La femme est l'avenir de l'homme a écrit Aragon .


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