• CHATAIGNES , AMOUR ET DESERT EN CEVENNES .....

         Norbert se souviendra longtemps de cette aventure cévenole......C'était dans les années soixante.....mais écoutons le raconter son aventure .
        .....au bureau tout le monde m'avait bien prévenu , ne prend pas la N9 , tu vas traverser un pays de sauvage . C'est vrai que dans les année soixante cette nationale n'avait rien a voir avec ce qu'on connaît maintenant .
        La vieille 4Chevaux Renault , transformée , rafistolée , avait fière allure , repeinte en vert avec un liserais jaune par un champion du "pistolet" a peinture .
        A trois heures du matin , dans cette nuit d'été , a la lueur d'un ciel étoilé ou madame la lune éclaire comme un phare , je retrouve ma bête parquée au coin de la rue sur l'Avenue d'Italie  , les clefs du studio dans la boite aux lettres de ma bignole en lui expliquant que si dans deux mois je ne suis pas revenu je lui lègue le studio et son contenu .......j'ai tellement besoin de liberté après la sale guerre dans le djebel . Contact , Gertrude démarre au quart de tour....j'ai toujours une petite inquiétude avant d'entendre le chant du moteur .
        Première ,seconde , je glisse en douceur vers la Porte d'Italie . Aucune lumière parasite , la Capitale dort encore . Je respire l'air de la nuit a plein poumon , le moteur ronronne sans acoup , un vrai bonheur . Peu de circulation , la voiture est encore un luxe , mais des cyclistes , levés tôt , vers un labeur quotidien . Forêt de Fontainebleau , Nemours , un peu de circulation dans l'agglomération ,puis après la route est libre .
        A Moulins je traverse l'allier pour prendre la fameuse N9 la frayeur de mes collègues de bureau .  A la dernière "station-service" le brave garagiste m'a incité a acheté un gros jerrican car sur la N9 vous risquer la panne d'essence ! Un peu après SaintPourçain a un peu plus de 350 kilomètres de Paris , je trouve un embryon de terrain de camping le long de la Sioule ....c'est bon pour ce soir !
        Bavardage avec une jeune paysanne du coin qui me raconte des histoires de vipères pour m'inciter a louer une chambre dans l'auberge de sa tante .......la finaude aurait finit par avoir raison car je remarque des serpents traversant la rivière mais aussi des enfants qui n'ont pas l'air d'en avoir peur . Elle finit par m'avouer que ces petites bêtes ne piquent pas dans l'eau et que sur terre elles fuient l'homme . Elle est en admiration devant mon béret  de parachutiste , traînant sur la banquette arrière et dont je la coiffe . Folle de joie elle veut le faire voir chez elle . Elle me le rapporte en me disant qu'on lui interdit de m'approcher . La mauvaise réputation des paras inquiète les parents mais attire les filles . Elle pose ses lèvres sur ma bouche puis avant de s'enfuir - " a ce soir , peut-être  " .
        Elle n'est pas revenue et j'ai continué ma route .
        La route de sauvage mérite son nom ,au moins par ses virages non signalés , des revêtements dégradés , des cotes en lacets mais cela m'enchante . Le paysage est sublime , peu de véhicules , mais les pompes a essence sont souvent aux abonnés absents . Mais , prairie a gentiane ,troupeaux ,forêts , courbes harmonieuse dans de sombres vallons ....et beaucoup de passage a niveau ! la route joue a cache cache avec la voie ferrée .
        Après le col de la Fageole je plonge vers le bas de St Flour , comme je suis parti très tôt , c'est café, croissants et sourire d'une jolie serveuse qui en se penchant , peut être un peu exagérément , me dévoile des seins sublimes . Etais-ce une invite ,je ne le saurais jamais .
        Puis c'est la Truyère , le viaduc de Garabit de Monsieur Eiffel , vertigineux viaduc qui ne m'incite pas a prendre le train sur cette ligne , la route descend a la base du viaduc , au dessus de la riviere , tourne autour des piliers et reprend l'escalade en face . Je m'aperçoit que je suis très bon en virage car tout véhicule devant moi me gène et ceux derrière  moi ne semblent pas pouvoir me suivre . Audace de la jeunesse ?
        Marvejols et ses superbes portes et la statue de la Bête du Gévaudan qui sema la terreur dans la région . Mais un village m'attire , Séverac le Château , sur sa colline dominant la plaine . Pendant une heure je vais me perdre dans le village , le château ce sera pour une autre fois . Je prend par la taille une jolie hippie qui vend ses fromage de chèvres , j'attend la claque mais ce sont des lèvres douces qu'elle pose sur les miennes en se retournant . Puis sans s'occuper des regards elle se plaque contre moi . Je sens son ventre et ses seins . C'est comme si nous faisions l'amour , immobiles mais conscients .
        Elle se dégage , aide moi a vendre dit-elle . Elle me dit que ce sont ses derniers fromages et qu'elle fait la route vers le Larzac . Je lui propose de l'emmener , lui dit que c'est ma route et ....peut-être mon but . Elle ne veut pas que je rachète des cigarettes , nous fumerons de son tabac ....de ses herbes . Elle m'affole ,elle est tellement belle .......
        Ce soir devant la tente , sous la lune , elle danse devant moi , lascivement , puis nous faisons l'amour sous les étoiles , nos corps enlacés roulent jusque dans la rivière , le Tarn nous enveloppe , sa fraîcheur n'a pas éteinte nos ardeurs .....nous sommes fous , fous d'amour !
        Le lendemain , au réveil c'est un brave garde-champêtre qui nous dit qu'il est interdit de camper ici . Elle rit , l'embrasse ..... nous repartons vers le Larzac que nous atteindrons après la cote de Millau que Gertrude avale gaillardement .
        Par un chemin de traverse vers Roquefort elle va rejoindre sa communauté . Je lui dit le nom de mon copain sur la serre , du coté du Vigan.....nous nous regardons intensément , puis elle s'éloigne .....gracieuse petite silhouette ......
        Je n'arrive pas a redémarrer ......puis au bout d'une heure je reprend enfin ma route .....je traverse le Larzac , ce désert de pierres puis la descente vers Le Vigan et mon arrivé chez Louis , mon copain para dans sa bergerie a mi-pente au dessus de cette petite ville .
        C'est drôle , Louis garde son béret para , vissé sur sa tête , nostalgie de "labas" , peut-être . Il rit en voyant le mien sur la banquette arrière .
        Mouton et châtaignes font de bon repas en Cévennes le tout arrosé par un petit vin de la plaine du Gard....ha , que la France est belle .
        Sur la place principale du Vigan , la fontaine coule son eau fraîche , descendant de la montagne , cette montagne que les cévenols appellent " la Serre " . Des filles aux jambes nues , jupes courtes , tournent autour de ma Gertrude . Elles ont repéré le petit parachute peint sur la portière par mon copain mécanicien . L'une d'elles , aux grands yeux noirs , presque habillée comme une gitane , s'est même assise sur le petit capot de Gertrude . Par rapport aux autres , ce n'est plus une gamine et dans ce pays de poil noir mes yeux bleus semble lui faire de l'effet .
        Elle se plante devant moi , rapidement pose ses lèvres sur les miennes et me souffle  "ce soir ,vers dix heures a la place des châtaigniers " et se sauve en riant.......
        La place des châtaigniers est dans le haut du Vigan un lieu de rendez-vous pour les amoureux . Sous ces arbres plus que centenaires bien des petits viganais ont du être procréés .
    - toi , tu as rencontré la gitane , cette fille dont les garçons implorent les regards . Il y a pourtant peu d'élus . Ce n'est pas une pute , simplement une fille qui aime l'amour ,qui fait l'amour mais pas avec n'importe qui . Sa vieille grand-mère connaît les herbes qui évitent l'accident , leur vieille caravane , leur maison attenante , tout cela est d'une grande propreté et beaucoup de gens du village pourraient les prendre en exemple ....... parfois , peut-être , une volaille égarée finit a la broche près de la verdine.....la réputation des gitans .....termine-t-il dans un grand éclat de rire !
    - ne t'inquiète pas , ce soir j'irai lui dire mon histoire, que j'en aime une autre .....et que je retournerai a Paris !
        En arrivant aux Chataigniers , elle est là et je comprend vite qu'elle est nue sous une espèce de robe longue ..... elle m'entraîne dans sa quête de l'amour , sa quête du plaisir et c'est seulement après que je peux enfin lui parler ......
        Elle comprend tout et son esprit de liberté fait le reste .
    - tu m'appelleras quand tu le voudras , je ne m'attacherais pas mais nous ne sommes pas obligés de bouder notre plaisir ....mais dis moi son nom je te la ramènerai .....
    - tu sais elle appartiens a sa communauté....
           je ne suis pas reparti , je sculpte dans le bois de châtaignier , des animaux , des objets divers que je vend sur les marchés . Ma bignole , qui en réalité est une amie de ma mère décédé , a  vendu mon studio et nous avons partagé la somme . J'ai maintenant sur un bout de terrain que m'a vendu ....presque donné ... mon vieux copain Louis , sur la serre pas loin de sa bergerie , une petite maison . Je n'ai plus de voiture . Je fais les marchés de la Région avec mon cheval .    Trois ans ont passé , je suis maintenant connu et je vend bien mes oeuvres . Je sais que bientôt il faudra combattre pour le Larzac contre l'Etat qui veux agrandir le terrain militaire . Louis a de la famille sur le Causse et pour nous il n'est pas question de les laisser seuls face aux CRS qui ne vont pas manquer d'arriver .
        Ce soir sur le pas de la porte je regarde la nuit qui va tomber sur la vallée ......la luminosité baisse doucement et la haut une a une les étoiles commencent a s'allumer , le soleil couchant n'est plus visible mais la bas , vers le Larzac  , il a laissé comme un trait de feu au dessus d'Alzon  et de Nant , que je devine
        La nuit est claire , mon chemin , une vieille draille , le chemin des moutons est inondé de la lumière laiteuse de la lune . Les oiseaux ne nuit partent en chasse , les prédateurs du jour ont laissé la place . Un cri aigu vers le haut de la serre .....sans doute un lapin . Les buissons et les chênes verts prennent de nouvelles formes qui ne sont plus inquiétantes pour moi .
        Tiens deux silhouettes semblent monter de la vallée . Qui a part la gitane peut bien venir par ce chemin .......l'une des silhouettes soutient l'autre ..... c'est la gitane a coup sûr
    mais l'autre ....... non je rêve ....je me lève .... je cours ....c'est elle ! Je suis a ses genoux , a genou devant elle , je pleure , elle pleure aussi . La gitane nous prend par les épaules , pleure de joie avec nous .......
        Elle est venue....
        Ce moment me semble le paradis sur terre ......Santana la gitane doucement nous pousse vers la maison , avec délicatesse , elle l'installe sur le vieux canapé , cadeau de Louis , et  Véronique s'endort de fatigue .....
        Santana m'explique qu'elle l'a trouvé , sans force , près de la Fontaine et qu'elle a su tout de suite que c'était elle , avant qu'elle parle pour lui demander la maison du Parlou , ce surnom que m'ont donné les gens du Vigan .
        Demain sera un jour nouveau ....
        Nichée dans mon bras , sa tête sur mon coeur ,elle me raconte se trois longues années 
    J'ai vendu mes fromages sur tous les marchés jusqu'à la  vallée du Tarn , Millau , La Cavalerie .... parfois je faisait trente kilomètre ..... extraordinaire marcheuse , t'en souviens-tu ?
         Puis , un jour , j'ai entendu sur un marché une brave femme , qui vendait ses oeufs parler du Parlou , des belles statues du Parlou . A la terminaison de ce nom j'ai pensé a un artiste du pays , je ne pouvais pas savoir que c'était ton surnom que les Viganais t'avaient  donné....... Mais aussi , la communauté n'a pas réussi sa mutation , certains sont reparti vers la Capitale , le "toujours des châtaignes" a décidé les autres a cultiver pour vendre mais en réalité c'était a peine suffisant pour la Communauté !
    Mais aussi la liberté sexuelle a des limites et certains ont voulu se créer de véritable petit harem........ce fût le début des bagarres pour la possession d'une femme ...... je ne prenais plus aucun plaisir car dans ma tête toujours revenait notre soirée au bord du Tarn .......
        Un matin j'ai quittée la Communauté , ou personne ne me retenait plus et je ne sais pourquoi je suis partie vers le Vigan , en réalité je crois que je te cherchais , inconsciemment car je te croyais  toi aussi remonté a Paris !  Pourtant , je continuais ....je tombais , je me relevais ....je ne sentais plus ma fatigue et  dans ma tête tournait ce qui me semblait pourtant l'impossible ..il est là , au bout du chemin , au bout de ma quête douloureuse .....et hier soir je me suis écroulée a l'entrée du Vigan .....dans un rêve une gitane m'a dit .....
    .... je sais qui tu es , viens , il t'aime toujours , il t'attend !
        Je la regarde , ses grands yeux bleus , sa belle chevelure blonde de fille du Nord , ce beau corps alangui avec grâce jusque dans mes bras .......ses yeux se mouillent , les miens aussi , nous pleurons de joie .....
        Louis et Santana arrivent avec une brassée de fleurs sauvages , des fleurs odorantes , des fleurs d'amours , blanches , bleues , jaunes ...... odorantes fleurs de la Serre !
        Demain ce sera la fête aux "Chataigniers" car comme tous les ans la section du parti Communiste du Vigan fait la fête sur ce bel emplacement que lui offre Louis et on danse jusqu'à l'aube avec l'aide de la Fanfare de QuatzArts . C'est certain , elle en sera la reine.......
    - tu sais Véronique quand j'ai découvert que Louis était communiste , j'en suis presque tombé a la renverse ......rend toi compte ,un sous-officier para !
    - mais le Parlou , tu déparle , je suis descendant des Camisards qui luttaient contre le Roi mais aussi contre les injustices , père , grand-père , ancêtres , travaillaient la mine , les femmes de la famille dans les magnanarelles , ben oui , le vers a soie ...
    ...et le labeur était dur ! Le Vigan exportait des bas de soie dans toute l'Europe .....
    - je sais tout cela Louis.....et je sais ta sincérité et l'attachement a ton pays , riche de tradition ouvrière , riche de votre combat pendant la guerre contre les nazis , c'est le pays du "Chef Marceau" et de ce formidable maquis des Cevennes qui empêchera une partie de l'armée allemande du Sud de venir aider celle de l'Ouest a repousser les armées alliées débarquées en Normandie ....... Tout cela je le sais Louis ........et parfois au fil de mes lectures je me demande si la Bataille de Normandie n'a pas été gagnée par les maquis auvergnats et cévenoles.......
    - alors les "chataigniers" a Louis , c'est un peu tout cela demande la belle Véronique , toujours dans les bras du Parlou .....
    - aux Chataigniers c'est l'âme de la Cévennes qui sait dire non
    s'exclame la belle Santana .....même les horribles Dragons du Marquis de Villard ne sont pas arrivé a la soumettre .....tu verras ma belle ,reprend des forces car nous danserons jusqu'au matin ......
        Véronique nous écoute , et son visage si doux est totalement détendu , elle semble boire nos paroles , elle prend la main de Santana et l'embrasse ..... elle rit aux histoires de Louis..... elle est heureuse !
           Elle s'est rendormie .......dans les bras du Parlou ....
        Mais déjà là haut aux Chataigniers , les "camarades" sont a l'oeuvre , installation des bancs et des tables , la sonorisation et  le nettoyage de la petite piste de danse en béton . Il faut aussi creusé des emplacements pour faire brûler le bois qui fournira la braise au dessus de laquelle les moutons en broche vont cuire , sans risquer de mettre le feu aux broussailles . C'est un art ces foyers dans le sol .
        Ils sont devenus au fil des ans des maîtres rôtisseurs et je suis toujours émerveillé de les voir faire , sans craindre la chaleur de la braise ......a part les plus jeunes , les autres ont "fait" le maquis . Des petits tas de plantes ou de branches odorantes sont stockées le long des futurs foyers , demain les rôtisseurs les jetterons sous les moutons embrochés et cela aiguisera l'apêtit des participants .
        Demain ce sera la Fête , non pas d'un parti , mais de toute cette population d'ouvriers , de bergers , de menuisiers , d'artisans ..... la Cévenne en liesse !
        Dès potron-minet , ceux du parti , ici en 1970 , on ne dit pas parti communiste mais simplement le parti comme si c'était naturel qu'il soit communiste , ceux du parti arrivent les premiers , pour la braise , vérifier la sono , mettre les bacs a glace en place .....dans une ambiance joyeuse , les éclats de rire de ces sacrées fumelles , camarades bien entendu , incitent tout le monde a la bonne humeur .
        Karl Marx est bien loin de leurs esprits , quand ils bignent les jambes des filles et les corsages bien remplis . Et comme me dit un vieux militant , la tête et le coeur pour mon parti , le reste c'est pour les filles.......
        Une petite cabane en planche , sert de bar , abrite la sono et l'électrophone car tout le monde sait bien , par expérience des années passée , que les étudiants sont cuits a partir de cinq heure du soir et qu'alors leurs instruments nous sortent des sons plus proche du barrissement d'un éléphant que d'un trombone a coulisse .....la sono des "camarades" prend le relais !
        Et les amis , les curieux et une mignonne petite journaliste , prennent place sur les bancs 
        Les étudiants saluent l'arrivée du patron de la Fédé du PCF venant d'Alès par une tonitruante Internationale , qui ressemble plus au Beau Danube Bleu qu'au chant des damnés de la Terre  . Le rosé de Provence semble avoir déjà fait son effet  sur les Parisiens de notre Ecole des Beaux Arts .
        Mais Louis , d'une belle voie grave entonne des chants du maquis , repris en choeur par des vieux et des jeunes , ou il est dit que si tu tombe un ami sort de l'ombre a ta place ....... puis des Espagnols de la région , qui eux aussi ont fait le maquis , chante a leur tort  leurs chants de liberté contre la dictature de Franco ......
        Le Patron de la Fédé a fait court pour son discours .....c'est la Fête aujourd'hui a dit Louis .....les gens ont soif et faim ..... les belles paroles c'est bien ....mais les problèmes c'est pour demain .....lui a-t-il dit !
         Les moutons cuisent sur les braises , les arabes appellent cela un Méchoui mais les moutons de Louis ne sont pas tués et saignés vivant .....qu'elle horrible tradition ont ces gens là !
        Véronique a fait son effet dans la belle robe de gitane que lui a donné Santana .... sans soutien-gorge .
        La brune Santana évolue dans une robe identique , mais noire et couleur de feu .....la robe de Véronique est bleu ...... je les regarde toutes les deux et je me dis que les Dieux étaient avec moi pour me faire rencontrer ces deux femmes . Pendant un court instant j'ai comme un regret de devoir être obligé de n'en aimer plus qu'une . Je chasse cette pensée en enlaçant ma blonde Véronique qui se serre contre moi . je sens ses seins qui semblent vouloir percer le tissus . Pourrons nous tenir jusqu'à l'aube  .....
        Toutes les deux sont vite remarquées car leurs seins libres ondulent doucement et Santana a appris a Véronique une danse lascive , qu'elles dansent , ensemble , au milieu de la piste , les autres danseurs  s'assoient , sur le sol ,en rond , pour mieux les regarder , l'étudiant trompettiste s'est réveillé et joue une musique étrange , qui nous prend les tripes , Véronique se fatigue et Santana continue seule , elle ne danse plus que pour le musicien , il s'est rapproché , ils sont les yeux dans les yeux , elle tend son ventre vers lui , se rapproche  , arque  encore plus ses reins , tourne autour de lui , le frôle , reviens , repart , nos espagnols commencent a taper dans leurs mains ,ponctuant d'un "ollé" chaque mouvement de la belle .......
        Nous avons tous  l'impression de vivre un moment particulier , c'est comme un rituel sauvage revenu du fond des âges , personne ne bouge , mêmes les enfants sont subjugué et arrête de courir ......un des espagnols commencent a chanter et
    la trompette lui répond .......Santana est déchaînée .....elle est comme un miracle d'équilibre..... soudain Véronique hurle ......
    " arrête là " ..... avec le chanteur nous avons juste le temps de la retenir car elle allait tomber . Le trompettiste la prend dans ses bras et comme sortant d'un rêve elle l'embrasse sur la bouche , a pleine bouche , ils semblent comme rivés l'une a l'autre , et j'ai comme l'impression qu'elle ne joue plus .....vient-elle de découvrir enfin l'amour , l'amour vrai , l'amour fou ou on ne vit plus que pour l'autre .....?
        Véronique se penche vers moi , " tu sais , hier soir elle m'a dit qu'elle allait danser pour te dire adieu ....... mais ensuite elle a dansé pour lui , elle ne jouait plus , par un miracle dont seul l'amour est capable , elle a été comme frappée par la foudre .... le coup de foudre le Parlou , le coup de foudre ......"
        Petit a petit , les robes volent a nouveau au dessus de la piste , la musique de Verchuren , ce virtuose de l'accordéon , fait tourner les têtes des filles , rosé aidant . Pour les vieux , il y aura des danses plus douces ou plus lascives , mais eux ne resterons pas la nuit , ils repartent vers la ville ou proche ou leurs villages , des images plein les yeux ....une dernière saucisse bien grillée , un coup de  rosé , la route sera  belle .....
        On les entend s'éloigner ....."Tremblez ennemis de la France , rois ivres de sang et d'orgueil , le peuple souverains s'avance , tyrans descendez au cercueil , la République ......"
        Un "camarade" a baissé le son pour mieux entendre ses vieux chanter , ils ont fait " 36 " , le Front Populaire , respect ....
           Pour nous , communistes ou pas , peu importe , la Fête continue , la grande bâtisse toute proche des Magnanarelles est illuminée . En bas , pour ceux qui recherche un peu de fraîcheur , dans cette nuit chaude d'été , l'Arboux , le petit torrent qui descend en cascadant de la serre , a creusé un petit bassin bien agréable .
        Des soupirs dans les buissons , les filles du soleil aiment l'amour , les garçon aussi . Elles sont si belles , elles sont l'avenir de l'humanité , les poètes l'ont chanté .....
        Quand l'aube pointe , Véronique dort dans mes bras .... devant la maison , tellement proche des "Chataigniers" , en bas du chemin , sur la route , des portières claquent ....les derniers s'en vont  . Dans la journée les "camarades" vont tout démonter , au soir ils dormirons bien car lundi matin chacun retournera vers son atelier , son labeur quotidien !
        Dans la petite chambre a coté de la nôtre , la belle Santanaet son musicien sont enlacés . Il lui a dit qu'il terminerai ses études à Montpellier . Il ne remontera pas à Paris .


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  • Commentaires

    1
    Mardi 3 Janvier 2012 à 17:26
    rêve et réalité! on rêve soit même tant les images semblent réelles !chaque femme rêve d'être aussi belle !et que ce paysage est fait pour ce récit ! j'y ai FêTé UN RéVEILLON
    PRéS DE MILLAU ! bravo pour cette aventure !colibri


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